Les francophones en Flandre

On ne peut qu’estimer le nombre de francophones résidant en Flandre. Depuis la suppression du recensement linguistique, plus aucun chiffre précis n’est en effet disponible.

Lors du dernier recensement linguistique, en 1947, les francophones représentaient encore 9,6 % de la population gantoise. Ils étaient 7,43 % à Anvers, 13,48 % à Leuven et 12,37 % à Knokke. Aujourd’hui, il est impossible d’actualiser ces chiffres. On estime approximativement le nombre de francophones résidant en Flandre à 200 000, soit 3,5 % de la population flamande – l’arrondissement Hal-Vilvorde, où habitent encore quelque 110 000 francophones, n’étant pas considéré. Dans l’ensemble de la Région flamande, on recenserait donc 300 000 francophones, soit 5 % de la population.

Les lois de 1930 et 1960 concernant l’emploi des langues ont fait du néerlandais la seule langue officielle de Flandre. L’application légale du principe de  » la langue usuelle est celle de la Région  » a bien sûr contrarié nombre de francophones résidant en Flandre. La bourgeoisie francophone unilingue n’a ainsi pas eu d’autre choix que celui de s’adapter à la disparition de l’enseignement dans leur langue maternelle. De même, les subsides autrefois accordés aux activités culturelles francophones ont été coupés. Les francophones ont tenté de faire valoir leur droit à l’enseignement dans la langue maternelle devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg. Sans succès.

La lutte engagée pour la ratification de la Convention européenne pour la protection des minorités doit être considérée dans cette perspective. D’aucuns espèrent, avec la reconnaissance du statut de minorité des francophones en Flandre, pouvoir prétendre à des droits supplémentaires en matière d’enseignement et de culture.

Dans les cercles privés, la plupart des francophones ont continué de parler leur langue, mais le changement de contexte social a contraint la majorité d’entre eux à devenir bilingues au fil des années. Ajoutez à cela que le néerlandais a gagné en prestige à partir des années 1960, conséquence de l’enrichissement de la Flandre.

Les choses ont vraiment changé : pour preuve, la diffusion d’un journal tel que La Libre Belgique. En 1970, le quotidien bruxellois francophone vendait encore 25 % de ses journaux en Flandre, contre seulement 12 % en 1991. Par ailleurs, jusqu’en 1974, trois journaux francophones paraissaient encore en Flandre. Aujourd’hui, il n’y en a plus un seul.

Source : Nieuwe Encyclopedie van de Vlaamse Beweging.

la frontière linguistique

La frontière linguistique a été fixée en 1963. Depuis, l’actuelle Région de Bruxelles-Capitale, avec ses 19 communes, est bilingue. Le long de la frontière linguistique et dans la périphérie bruxelloise, il y a des communes qui offrent des facilités à ceux de leurs habitants qui parlent une autre langue nationale (français, néerlandais, allemand) que la langue officielle de la Région ou de la Communauté. Ainsi, par exemple, les habitants francophones des communes à facilités en Flandre ont le droit de recevoir l’enseignement en français et de mener dans cette langue leurs communications officielles avec les pouvoirs publics.

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