Les Belges à Cannes

Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

S’il n’y avait aucun long-métrage belge en compétition cette année à Cannes, nos compatriotes ne s’en sont pas moins fait remarquer sur la Croisette. Benoît Poelvoorde n’a pas perdu son humour au moment d’accomplir son devoir de membre du jury présidé par son pote Quentin Tarantino. Il nous est revenu que la bonne humeur accompagnant le travail de ses collègues jurés lui doit beaucoup. Faute de Rosetta, de Fils ou de Toto le héros, vedettes cannoises en leur temps, quelques films belges ne s’en signalèrent pas moins avec une certaine force. En tête, le perturbant et fascinant Calvaire fit frémir la Semaine de la critique avec son récit hallucinant des mésaventures d’un chanteur à la petite semaine (Laurent Lucas) tombant entre les mains d’un aubergiste (Jackie Berroyer) qui le prend pour… sa femme. Un premier film à l’atmosphère menaçante pour le jeune Fabrice du Welz, qui cite tout à la fois Délivrance, Massacre à la tronçonneuse, Vase de noces, Buñuel et André Delvaux. Autres productions belges présentées officiellement au Festival, le documentaire Allende, de Patricio Guzman, et les courts-métrages Signes de vie (d’Arnaud Demuynck) et Alice et moi (de Micha Wald), tandis que Flatlife (de Jonas Geirnaert) remportait le prix du Jury dans cette catégorie.

Dans un registre plus folklorique et assurément navrant, on ne put pas non plus ignorer les fesses de Noël Godin, lequel se déculotta en pleine montée des marches du film de Frédéric Sojcher Cinéastes à tout prix, un documentaire dont nous avons déjà dit le plus grand bien et qui ne méritait pas d’être piraté d’aussi égoïste façon par un  » entarteur  » nettement moins inspiré que lors de certains attentats pâtissiers autrement significatifs…

On s’en voudrait de ne pas mentionner, pour conclure ce bref panorama de la présence belge à Cannes, le petit exploit qui a consisté à présenter simultanément sur la Croisette deux ministres en exercice : Olivier Chastel, venu parapher un accord de coopération cinématographique avec la France, et Didier Reynders accouru pour évoquer les bienfaits tout neufs du tax shelter. Il était amusant de voir débouler sur les planches d’un palace cannois un journaliste venu rencontrer  » le ministre belge « , et un employé blasé lui demander sans ciller :  » Lequel ? »…

Louis Danvers

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