Les acquéreurs ont la main

Il y a tant de biens sur le marché namurois que les candidats à l’acquisition ont tout le loisir de faire leur choix et négocier les prix. Et ce, même pour les très prisés appartements neufs.

En ligne droite de la reprise observée en 2014 (+ 11,8 %), en 2015, l’activité immobilière a poursuivi sa progression en province de Namur, engrangeant 4,3 % de transactions en plus. Un beau résultat compte tenu de la supériorité notoire de l’offre sur la demande, et ce dans la plupart des segments du marché.  » Ce sont clairement les acquéreurs qui ont la main, déclare Valentine Demblon, dont l’étude est située à Namur-Ville. Sans compter qu’ils sont aujourd’hui mieux informés et prennent donc plus le temps de faire leur shopping immobilier, en suivant les offres dont ils peuvent observer les éventuelles baisses de prix successives pour mieux négocier.  » Allongement des délais de vente à la clé…

Suroffre d’appartements

Sans atteindre le degré de succès de leurs consoeurs hennuyères, les maisons jointives namuroises bénéficient d’un sérieux atout en termes de mobilité.  » En province de Namur plus qu’ailleurs, on est plus rapidement éloigné des axes de communication principaux, poursuit Me Demblon. Une frange importante des amateurs est donc disposée à dépenser un peu plus pour pouvoir s’offrir une maison en ville.  » De quoi voir enfler légèrement le prix des 2 et 3-façades, à 182 782 euros en moyenne (+ 0,5 %).

On ne peut pas dire de même des villas, dont l’une des caractéristiques premières est précisément l’isolement des centres urbains. D’autant que celles-ci, généralement construites dans les années 1960 à 1980 et mises en vente par des propriétaires âgés, ne brillent pas par un niveau de confort et d’équipement dernier cri. Elles se voient entre autres refuser les faveurs d’un public de jeunes candidats acquéreurs, plus exigeants quant aux critères d’isolation et d’installations électrique, sanitaire et de chauffage. Résultat ? La valeur moyenne des villas pique une fois de plus du nez en 2015, glissant à… 270 355 euros tout de même (- 7,5 %).

Le cas des appartements est interpellant à de multiples égards. De un, ceux-ci sont globalement moins chers que la moyenne wallonne, plafonnant à 162 089 euros (+ 0,2 %). A titre de comparaison, leurs équivalents du Tournaisis les dépassent allègrement… De deux, lorsqu’on considère leur nombre de chambres, on s’aperçoit que les 2-chambres, qui concernent pourtant plus de la moitié des ventes, voient leur prix moyen chuter de 8,1 %.  » Il y a beaucoup trop d’appartements sur le marché namurois « , assure Valentine Demblon, pointant un débarquement massif de projets neufs à Namur-Ville, Gembloux et Andenne, le  » trio de tête  » en matière d’appartements (les deux premières concentrent à elles seules les deux-tiers du marché, neuf et ancien confondus), mais aussi à Beauraing, Rochefort ou encore Ciney. En résulte une situation de  » suroffre  » et donc, de  » concurrence  » accrue au niveau des prix. Seuls les 3-chambres tirent leur épingle du jeu (leurs tarifs gonflent de… 27,5 % en moyenne), convoités par un public de seniors affectionnant les biens de standing jouissant de belles situations en centre-ville.

Enfin, les terrains à bâtir mis en vente dans le Namurois étant de plus en plus étriqués, rien d’étonnant à ce que leur prix ait augmenté en 2015. Ajoutant à cela le fait que la moyenne provinciale a été fortement influencée par un nombre important de transactions dans le Grand Namur, où ils sont plus onéreux qu’ailleurs, on peut carrément parler de bond en avant : + 15,6 %, à 72,37 euros/m².

Frédérique Masquelier

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