Les 100 premiers jours du Blok au pouvoir

Il n’est pas si difficile d’imaginer l’attitude du Vlaams Blok s’il était au pouvoir, certes en coalition avec un ou plusieurs partenaires. Un de ses premiers coups de bluff serait d’augmenter la présence policière dans les rues et d’ainsi prouver son intérêt pour le maintien de l’ordre. A Anvers ou à Bruxelles, les quartiers à forte population immigrée seraient rapidement en ébullition. D’autant que le programme électoral du Blok prévoit la fermeture des mosquées (et l’ouverture d’une seule, en dehors des centres urbains !).  » Le Blok chercherait la provocation immédiate avec la communauté immigrée, sa principale cible. Il susciterait des émeutes pour justifier ses ôsolutions » radicales « , anticipe Marc Spruyt, auteur de Wat het Vlaams Blok verzwijgt ( » Ce que le Vlaams Blok ne dit pas « ). Même si le parti d’extrême droite fait aujourd’hui mine d’abandonner son plan en 70 points relatif à l’immigration û ce qui n’est confirmé par aucun acte officiel û, il pourrait toujours y puiser quelque source d’inspiration. Ce plan prévoit notamment de diminuer les allocations sociales ou les indemnités de chômage des non-Européens et de taxer les firmes qui emploient des immigrés. La préférence nationale jouerait à plein dans les centres culturels et les bibliothèques, comme à Vitrolles ou à Orange, dans le midi de la France, où le Front national a été à l’£uvre. Tout subside en faveur d’associations allochtones serait coupé sans délai.

D’autre part, la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde serait immédiatement à l’ordre du jour, au même titre que tous les projets nordistes actuellement recalés par les partis francophones, visant à accroître l’autonomie de la Flandre. Dès les premiers mois, la Belgique connaîtrait d’énormes tensions communautaires, tandis qu’un divorce de velours serait rapidement évoqué. A l’agenda, aussi : l’amnistie des collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale. Enfin, le Vlaams Blok est une formation d’extrême droite classique, misogyne et liberticide. Qui réfute le droit de grève, se verrait bien interdire les syndicats et s’attaquerait volontiers aux homosexuels. Dans les cent jours, la récente loi qui autorise l’euthanasie (sous certaines conditions strictes) pourrait être abrogée. Avant la remise en cause de la législation û déjà ancienne û relative à l’avor- tement ?

Ph.E.

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