L’entre-deux

Début d’année enthousiaste sur les marchés boursiers, mais les doutes subsistent quant à la durée de la relance économique

Alors que les consommateurs continuent à manquer de confiance, les entrepreneurs se montrent optimistes et sur le marché des changes, les intervenants sont nerveux. L’euro a clôturé le mois de janvier en légère baisse face au billet vert.

Si une majorité d’analystes tablent sur une reprise économique en 2004, des scénarios alternatifs moins enthousiastes existent. Les industriels européens profitent du rebond américain via les exportations et tablent sur une amélioration de l’ensemble de l’économie. Les ménages européens sont, pour leur part, toujours préoccupés par la situation sur le marché du travail. En outre, l’augmentation de la taxation sur des produits de référence comme le tabac ou l’essence joue négativement sur la perception de leur pouvoir d’achat. Tant qu’il n’apparaîtra pas clairement que c’est la frilosité des consommateurs européens qui ne colle pas avec la réalité conjoncturelle, les doutes concernant l’économie et la devise européenne persisteront. Dans ce contexte, l’économiste de Budget Hebdo estime que les autorités monétaires européennes et américaines pourraient maintenir, encore quelque temps, leurs taux directeurs inchangés.

Placements à taux fixe

En ce début d’année, de nombreuses banques continuent d’offrir des taux promotionnels sur leur comptes d’épargne. Ces offres sont toutefois limitées dans le temps et soumises à conditions. Seul l’argent frais (c’est-à-dire l’argent qui n’était pas déjà placé sur un compte d’épargne, voire au sein de la banque) entre en considération. Cet argent doit par ailleurs rester un minimum de temps en compte. En général pendant six mois, mais souvent un peu plus, à cause des dates valeur. Mieux vaut donc être attentif au moment de placer son argent. En opérant un retrait trop tôt, le bénéfice de l’offre promotionnelle peut être perdu, bien souvent sans que l’épargnant s’en rende compte. Budget Hebdo donne ainsi la préférence aux banques qui offrent régulièrement de bonnes conditions et qui appliquent des règles d’octroi des primes souples. C’est le cas, entre autres, de Rabobank. be et de DHB Bank. Comme les grandes banques, elles bénéficient du système de protection des dépôts, qui protège les avoirs à concurrence de 20 000 euros par personne. A noter que sur le plan fiscal, cette année, les intérêts des comptes d’épargne réglementés sont exonérés de précompte mobilier à concurrence de 1 520 euros, ce montant ne s’entendant plus par ménage, mais par contribuable. Au sein d’un couple, les montants exonérés peuvent donc atteindre 3 040 euros.

Profitant de la faiblesse des taux obligataires, de nombreuses banques ont revu le taux des bons de caisse à la baisse. Mais, depuis lors, les taux obligataires sont repartis à la hausse (le rendement de l’emprunt d’Etat belge à 10 ans est passé de 4,15 % environ à près de 4,40 % en quelques jours), sans toutefois que les banques suivent le mouvement, pour l’instant. Les bons de caisse sont un placement peu intéressant pour l’investisseur qui ne recherche pas à tout prix un placement anonyme. Pour un placement d’une durée de cinq ans par exemple, le meilleur bon offre actuellement un rendement annuel net de 2,98 % (en tenant compte d’un précompte mobilier de 15 %, d’une taxe de Bourse de 0,14 % et d’une taxe de livraison fixée depuis le 1er janvier à 0,60 %). Ceux pour lesquels le caractère anonyme du placement importe peu peuvent se tourner vers les bons d’assurance, un peu plus généreux. Les meilleurs offrent, à cinq ans, un rendement annuel net de 3,35 %. Attention, ce rendement peut varier en fonction de l’âge et du sexe, en raison du coût de l’assurance décès. Celle-ci permet toutefois d’échapper à la retenue du précompte mobilier sur les intérêts.

En Bourse

Est-ce le retour de l’  » effet janvier  » (théorie selon laquelle le mois de janvier a tendance à être positif en Bourse), ou tout simplement l’attente de résultats 2003 encourageants et d’une reprise économique en 2004 ? Toujours est-il que le mois dernier a clôturé en hausse de 3 à 5 % sur les Bourses européennes (à l’exception de Bruxelles et Athènes) particulièrement en forme. A noter que l’enthousiasme a été observé à l’échelle planétaire, les marchés émergents et les Bourses de la zone euro progressant (hors effet devises) toutefois légèrement plus que New York.

C’est pourtant sur la vigueur de l’économie américaine et de son effet contagieux sur le Vieux Continent par le biais des exportations que reposent les espoirs de la plupart des économistes.

Cerise sur le gâteau, 2004 est une année d’élection présidentielle aux Etats-Unis. Or, sur les dix dernières années de campagne électorale présidentielle (soit une période de quarante ans), la Bourse de New York a progressé sept fois, les trois exceptions constituant des cas atypiques : l’échec du président sortant (Carter en 1980 et Bush senior en 1992) et l’élection hautement serrée de 2000. Il faut cependant relativiser l’intérêt de l’évolution historique en tant qu’indicateur de l’évolution future des marchés boursiers. L’année 2004 devra en effet confirmer les redressements bénéficiaires anticipés en 2003. A ce propos, la période de publication des résultats 2003 qui vient de démarrer sera cruciale. L’essentiel des fortes progressions bénéficiaires enregistrées en janvier provient en effet des réductions de coûts et est probablement déjà intégré par anticipation dans les cours. Pour que les cours de Bourse poursuivent sur leur lancée, il faudra que la croissance des activités prenne le relais en termes de hausse du chiffre d’affaires. Et là, l’incertitude subsiste. Ainsi, si des géants tels que Microsoft ou Intel ont pu annoncer des résultats au moins conformes aux prévisions, leurs attentes pour 2004 sont prudentes. C’est également la position des analystes de Budget Hebdo qui considèrent avec circonspection l’optimisme affiché par quelques-uns, à l’image de l’indice S&P (Standard & Poor’s). On peut cependant observer qu’une certaine confiance est revenue. Le scandale Parmalat et les rectifications comptables exigées chez Adecco n’ont eu que des impacts temporaires sur les marchés boursiers, et encore, uniquement au niveau local.

Compte tenu de l’amélioration des perspectives, la plupart des Bourses européennes restent, en dépit des hausses spectaculaires enregistrées depuis le printemps 2003, correctement évaluées. Baisse du dollar et moindre progression des cours rendent, selon Budget Hebdo à nouveau les actions américaines attrayantes.

Du côté des performances sectorielles, le retour des TMT (technologie, médias, télécoms) se confirme. Les investisseurs misent sur l’effet de levier d’une reprise des investissements sur les résultats et relèguent au second plan les secteurs plus défensifs comme l’alimentation, la pharmacie, la distribution, le pétrole et les services d’utilité publique. Le secteur financier bénéficie, quant à lui, de la reprise boursière qui va de pair avec une réduction des provisions comptabilisées pour faire face à d’éventuelles pertes sur les portefeuilles titres et crédits.

En outre, l’annonce de la fusion des banques américaines JP Morgan Chase et Bank One a relancé certaines spéculations quant à la concentration d’un secteur encore fort morcelé. Euronext Bruxelles, lourdement pondérée en valeurs financières, a profité de ce mouvement, dont ont bénéficié des actions telles que Fortis.

Budget Hebdo

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