Le Sablon, au coeur des mondes

En juin, le quartier du Sablon, à Bruxelles, fait la fête aux arts des mondes lointains : de l’Egypte à la Nouvelle-Guinée, de l’Afrique noire à la Grèce, toutes époques confondues. Emotion et raffinement en vue.

N’évoquons pas les prix. Ils se conjuguent au superlatif. Laissons à d’autres le soin d’analyser les plus-values et comment, lors de ces journées, on savoure champagne et petits fours à l’abri des regards indiscrets. Car cette année encore, la beauté est au rendez-vous. Résumons. Au départ de l’événement, trois associations et autant de spécialités. L’Afrique et l’Océanie pour la Bruneaf (Brussels Non European Art Fair). L’Inde, la Chine, le Japon ou encore, l’Himalaya et la Thaïlande pour l’Asian Art in Brussels (AAB). Enfin, l’Art antique pour la Baaf (Brussels Ancient Art Fair). Le principe est simple : les antiquaires locaux invitent des collègues venus de Londres, Berlin, Paris, Madrid, New York ou San Francisco. Cette fois, ils seront près d’une centaine, la plupart habitués des grands rendez-vous de Bâle, Maastricht ou encore Hongkong. Autrement dit, leur réputation n’est plus à faire.

Côté pratique, c’est la politique de la multiplication des  » boutiques « . La plupart sont réparties dans le quartier du Sablon. Parfois, comme pour découvrir les trésors d’archéologie africaine rassemblés par Bernard De Grunne, une navette est mise à la disposition des amateurs depuis l’Hôtel NH jusqu’à l’avenue Roosevelt. L’avantage de cette formule est d’associer flânerie – pourvu que le soleil soit de la partie ! – et plaisir des rencontres avec des objets très divers et souvent fascinants. En effet, au-delà de leur beauté intrinsèque, leur décor nous raconte des histoires et des fonctions qui nous projettent, pour certains, vers des cultures lointaines, pour les autres, vers nos racines. Si chez la plupart des marchands, la variété est de mise, d’autres préfèrent opter pour l’exposition thématique. Parmi elles :  » Autour du blanc  » conçue par l’enseigne parisienne Maine Durieu,  » Le mouvement  » (Afrique et Océanie) chez Jo De Buck,  » Présence du sacré, invocations oubanguiennes  » au premier étage de la galerie Joaquin Pecci,  » Galma River Style « , un ensemble de figures en terre cuite vieilles de 2 000 ans ou encore, comme le propose Robert R. Bigler (chez Pierre Hallet), un ensemble de  » Dagues rituelles « .

Et comme si tout cela ne suffisait pas, les organisateurs ont encore imaginé deux rendez-vous majeurs. Le premier réunit l’ensemble des pièces en provenance de Nouvelle-Guinée acquises par le musée de Tervuren. Le second invite à la découverte des décors peints sur les coupes dans la région d’Athènes au VIe siècle av. J.-C., soit à l’heure dite des  » figures noires « . Réalisées avec une rare finesse de contour, peintes en noir sur le fond de terre rouge, elles suivirent d’abord l’exemple de Corinthe en composant des frises animalières puis se spécialisèrent dans illustration de l’un ou l’autre épisode de la mythologie grecque, ses dieux et ses héros.

Des conférences aussi

Ces journées d’exception sont aussi l’occasion d’écouter de grands spécialistes venus à leur tour parfois de bien loin pour évoquer leur passion, un état des recherches ou encore, une question brûlante comme celle de la collecte des objets initiée par l’ancien conservateur du Metropolitan Museum, Steven M. Kossak. Parmi les dix rendez-vous fixés, dès 10 h 30, les 5 et 6 juin au Mim (Musée des instruments de musique), pointons ce focus sur les sculptures du Tibet occidental entre le XIe et le XIIIe siècle par Amy Heller, une approche des trésors égyptiens inconnus du musée August Kestner de Hanovre ou encore, le fruit de 40 ans de fouilles sur le site de Saqqara. De son côté, la Bruneaf organise quatre conférences à l’ancienne Nonciature. La première (le 5 juin, à 15 heures) relèvera davantage de l’échange de points de vue entre divers acteurs venus de Camberra, Cambridge, Gand et Leiden autour de l’importance des collections muséales en ces temps troublés. Retenons aussi  » Au coeur de la Nouvelle-Guinée, l’art du Sépik  » par Philippe Peltier, conservateur en chef du musée du Quai Branly, à Paris (le 7 juin, à 10 h 30).

En pratique :

Bruxelles, quartier du Sablon. Le 4 juin de 15 à 21 heures, le 5 juin de 11 à 19 heures, le 6 juin de 11 à 20 heures, le 7 juin de 11 à 19 heures et le 8 juin de 11 à 17 heures. L’art de la miniature en Attique à l’époque des figures noires,15, rue des Minimes. Du 4 au 8 juin.

Masterpieces of New Guinea Art,à l’ancienne Nonciature, 7, rue des Sablons. Du 4 au 15 juin www.bruneaf.be – www.baaf.be – www.aab.be – www.artconnoisseurs.eu

Par Guy Gilsoul

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