Le retour d’une blonde

The Girl Can’t Help It (La Blonde et moi) revient sur nos écrans, un demi-siècle après sa réalisation. Rock’n’roll et burlesque

Cinquante ans ont passé depuis l’explosion sur les écrans du monde entier de la bombe burlesque, rock’n’roll et sexy qu’est The Girl Can’t Help It. Dû à un distributeur cinéphile qui avait déjà ressorti quelques chefs-d’£uvre des Marx Brothers, le retour dans les cinémas belges du film de Frank Tashlin est un événement à fêter dignement, en allant revoir ou découvrir une comédie qui marque à plusieurs égards l’histoire du cinéma. D’abord, parce qu’y brille la spectaculaire Jayne Mansfield, au physique de pin-up absolue et au pouvoir hilarant aussi grand que son sex-appeal. Ensuite, parce que le film, situé dans l’univers du show-business musical, accueille quelques pointures d’un rock’n’roll alors en plein boom, de Little Richard à Gene Vincent en passant par Eddie Cochran et Fats Domino, auxquels s’ajoutent des stars de la variété comme les Platters ou Julie London. Enfin, parce que The Girl Can’t Help It est l’une des plus grandes réussites d’un cinéaste de talent, passé avec succès du dessin animé au film avec acteurs  » réels « .

Un critique de l’époque avait observé non sans justesse que  » Frank Tashlin s’est imposé tant comme animateur que comme réalisateur, parce qu’il filme les personnages de cartoon comme de vrais interprètes et les acteurs de chair et d’os comme des héros de cartoon « . Celui qui signa également le formidable Artistes et modèles, en 1955, fait flèche de tout bois dans une comédie qu’il mène à deux cents à l’heure et qu’il truffe de gags visuels énormes. La Mansfield est évidemment du tonnerre, dans son rôle de pépée d’un gangster qui veut la pousser dans la chanson et recourt pour cela aux services d’un découvreur de talents sur le retour, désabusé et légèrement alcoolique. Tom Ewell, déjà épatant face à Marilyn Monroe dans Sept Ans de réflexion, tourné un an auparavant, fait son miel de ce personnage aux allures de Droopy, tandis que ce grand cabotin d’Edmond O’Brien vole plus d’une scène en caïd mafieux, décidé à imposer une petite amie dont la voix rien moins qu’harmonieuse est pourtant un solide handicap…

Pour la petite histoire, Elvis Presley aurait pu lui aussi être présent et chanter dans le film, mais son manager, le fameux et redoutable colonel Parker, se piqua d’exigences financières inacceptables pour la production. Il n’empêche qu’avec les vedettes réunies par Tashlin, et aussi avec les scènes de studio, de concert et de plateau, The Girl Can’t Help It prend par moments des allures de documentaire sur ce que fut le showbiz du milieu des fifties. Une source d’intérêt et de plaisir supplémentaire pour un spectacle drôle, piquant, haut en couleur.

Louis Danvers

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