Le ressac

Les Bourses ne connaissent vraiment plus de répit. Le mois de mars aura été marqué par des mouvements contradictoires. Au début, plombé par l’affaire Ahold, le climat boursier a ensuite tourné au vert pour devenir franchement printanier (!) à l’annonce du lancement des hostilités en Irak. Mais l’embellie aura été de courte durée et l’évolution mensuelle est finalement négative.

Les évolutions des différents marchés sont cependant assez disparates. Ainsi, New York a le plus profité de la vague d’achats engendrée par le déclenchement de la guerre et résiste finalement bien. La baisse du dollar est un facteur de soutien pour les sociétés exportatrices, défavorisées ces dernières années par la force du billet vert. L’événement que tout le monde craignait a donc, dans un premier temps, été l’instrument d’un regain d’optimisme, les investisseurs misant sur une victoire rapide des Etats-Unis et saluant ainsi la levée de l’incertitude…. laquelle est cependant revenue au galop. En fait, si le conflit devait s’enliser, on pourrait connaître une hausse de l’inflation dans le sillage des prix pétroliers, une faiblesse exacerbée de la demande d’investissement, un ralentissement plus prononcé de la consommation privée suite à une nouvelle montée en puissance du chômage…

Du côté des résultats des sociétés, les quelques bonnes nouvelles (Fortis, Dexia, Delhaize…) n’ont pu compenser les déceptions. Tant Alsthom que Numico et Vivendi Universal, outre leurs résultats inquiétants, n’ont pu convaincre que la stratégie menée pouvait les sortir de l’ornière. A noter que la moindre nouvelle donne lieu à des fluctuations exagérées. Après avoir touché un niveau plancher, Fortis a ainsi rebondi de 22 % en une seule séance. Cette volatilité est hautement négative pour les marchés boursiers. Elle pousse les investisseurs à exiger une prime de risque plus élevée et à retarder leur retour en Bourse.

Du côté des évolutions sectorielles, après les pertes enregistrées dans le sillage de l’affaire Ahold, les groupes de distribution alimentaire ont ainsi finalement bénéficié d’une chasse aux bonnes affaires et le secteur est un des seuls à clôturer le mois de mars en positif. A l’opposé, le secteur automobile a largement souffert des résultats décevants et des prévisions moroses des constructeurs. A noter également le nouveau recul des valeurs européennes du secteur des assurances dans le sillage du retour de la déprime sur les marchés boursiers. De nouvelles pertes devront en effet être actées pour tenir compte de la baisse des portefeuilles de titres. Et la solvabilité des assureurs s’en trouvera encore affaiblie… Budget Hebdo

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