Le petit peuple du monde non lucratif

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif/L'Express

Plus de 330 000 personnes travaillent dans le secteur associatif, en Belgique. Un gisement d’emplois précieux. Et indispensables au bon fonctionnement de la machine sociale

(1) Le secteur associatif en Belgique. Une analyse quantitative et qualitative réalisée par le Centre d’économie sociale de l’université de Liège et le Hoger Instituut voor de Arbeid de la KU Leuven. (Fondation Roi Baudouin).

Ils sont éducateurs, gérants de clubs sportifs, ergonomes en maison de repos, militants salariés de la cause environnementale ou actifs dans des organisations syndicales. Ils sont des milliers, à côté de l’économie marchande, à faire battre le c£ur du secteur associatif. L’air de rien. Leur poids dans l’économie est pourtant fondamental. En 2001, il représentait 5 % du produit intérieur brut (PIB), selon la première étude quantitative et qualitative réalisée sur le sujet par les Prs Jacques Defourny (ULG) et Patrick Develtere (KUL) pour le compte de la Fondation Roi Baudouin (1). Si l’on y ajoute la richesse produite par le bon million de bénévoles dans ce cadre-là, la contribution des associations au PIB atteint 5,9 %.

Ces acteurs particuliers de l’économie sont évidemment nombreux. Car les quelque 120 000 associations recensées en Belgique emploient du monde : 333 800 personnes, en 2001, qui représentent 258 000 emplois à temps plein. Soit près d’un salarié sur dix (9,6 %) et 18 % de l’emploi salarié dans les services. Tous types de services, à vrai dire, mais surtout concentrés dans trois grands domaines : l’action sociale ; la défense des droits, intérêts et convictions ; et la culture, les sports et les loisirs. D’une manière générale, toutes ces associations tirent principalement leurs ressources d’aides publiques (61,8 %). Les entreprises, les autres associations et les particuliers alimentent la cagnotte pour plus de 36 %.

On ne peut pas dire que l’on fasse fortune, dans ce petit monde-là : en moyenne, chaque heure de travail salarié y coûte 22 euros aux employeurs. Ce coût salarial est un rien plus élevé dans le secteur de la santé (28,15 euros), de l’éducation et de la recherche (24,97 euros) et dans celui de la défense des droits, des intérêts et des convictions (23,80 euros). Il peut en revanche descendre jusqu’à 15,80 euros dans certaines associations.  » Toutes branches confondues, le coût salarial horaire du secteur associatif est légèrement inférieur au coût salarial horaire moyen en vigueur dans l’ensemble de l’économie belge (25,50 euros) « , soulignent les auteurs de l’étude.

Ces conditions de travail peu favorables ne semblent pas freiner les candidats à l’embauche dans le secteur. Entre 1998 et 2002, 40 000 emplois équivalents temps plein ont été créés dans les ASBL en Belgique, dont un peu plus de la moitié en Flandre. Autrement dit, durant ces quatre années, l’emploi dans le secteur associatif a augmenté plus de deux fois plus vite que l’emploi salarié total…

Laurence van Ruymbeke

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