Le désert d'Amargosa, cadre du roman dystopique de Claire Vaye Watkins. © William Woodward

Le pessimisme à la page

Après la mode des Feel Good Books, le temps serait-il venu des Feel Bad Books ? L’année aura en tout cas été riche de romans brillants mais dont on regrette qu’ils puissent être visionnaires ou éclairés, tant ce qu’ils disent de nous est sombre. Un désenchantement et un pessimisme quasi généralisés qui se sont surtout exprimés dans une déferlante de romans dystopiques, anticipant donc un avenir peu attrayant : créatures-éprouvettes chez Don DeLillo (Zero K), guerre civile aux Etats-Unis chez Omar El Akkad (American War), réchauffement climatique extrême chez Claire Vaye Watkins (Les Sables de l’Amargosa), extinction des abeilles chez Maja Lunde (Une histoire des abeilles)… Peu de romanciers sont capables aujourd’hui de nous imaginer un avenir meilleur ! Un constat très anglo-saxon dans le texte, mais où les francophones ne sont pas absents : Marie Darrieussecq ne voit guère que la forêt pour nous sauver des cyborgs (Notre vie dans les forêts) et Victor Pouchet compte les oiseaux qui soudain tombent du ciel (Pourquoi les oiseaux meurent). Même ceux qui n’usent pas de la dystopie jettent un regard pour le moins amer sur leurs contemporains : on avait rarement lu roman aussi méchant – et réussi – que le dernier Thomas Gunzig (La Vie sauvage).

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