Le marché s’est « racrapoté »

Baisse des transactions et dépression pour les maisons haut de gamme : le marché namurois a fait comme (presque) tout le monde en 2009, il a laissé passer l’orage, tant bien que mal.

Il a beau prendre ses précautions en mentionnant l’origine mosane de son expression, le notaire Etienne de Francquen ne manque pas de clarté sur ce coup-là :  » L’année immobilière 2009 m’a surpris dans la seule mesure où l’on n’a pas constaté de crash : en namurois, on dirait plutôt que le marché s’est racrapoté. « 

Auteur de l’étude annuelle livrée début février par le notariat provincial, Me de Francquen pointe deux éléments marquants pour l’année écoulée : une hausse des ventes sur saisie en fin d’année et surtout une baisse des prix pour les biens dépassant les 300 000 euros.

Dans le rapport notarial annuel, on peut ainsi lire que les biens les plus chers ont connu des chutes de l’ordre de 15 %.  » Ce segment a effectivement souffert, confirme Paul de Sauvage, qui dirige l’agence Actibel. Quant aux biens classiques, on peut affirmer qu’ils ont diminué de 5 à 10 %, le nombre de transactions s’étant lui aussi largement étiolé. La nuance que j’apporterais concerne les terrains à bâtir : ils se sont stabilisés.  » Les notaires parlent à cet égard d’une plus forte demande pour les petits terrains de 3 à 5 ares, mais d’une baisse relative des tarifs pour les grands fonciers.

Et quand on évoque le marché du neuf, Etienne de Francquen s’inquiète :  » Il ne faut pas se lancer aujourd’hui dans la construction d’un chantier de 300 lots à Namur, Andenne ou Gembloux : le marché domestique n’est plus prêt à absorber de telles quantités. « 

Chômage qui monte, prix qui baissent

Autre moyen de prendre le pouls du marché : sonner à la porte d’un banquier local. Chapeautant une dizaine d’agences dans la région, ce professionnel le soutient mordicus :  » Il faut tordre le cou à un canard : dire que les banques ont fermé le robinet est faux. Ce qui est vrai par contre, c’est qu’à une période on distribuait véritablement les prêts.  » Les crédits à 120 %, admet-il, se font de plus en plus rares, surtout pour les achats de maisons de rapport, où  » le robinet n’a pas été fermé. Il a tout juste changé de diamètre. Quant aux biens issus du marché traditionnel résidentiel, je ne constate pas de grosses différences, si ce n’est que les candidats sont moins impulsifs à l’achat « .

 » Ce qui me semble frappant, constate encore Etienne de Francquen, c’est que les prix des biens immobiliers sont fonction du taux de chômage du lieu : l’exemple de Vresse-sur-Semois, dans le bas de la province, prouve que plus l’inactivité est haute, plus les prix de l’immobilier sont bas. Le pouvoir d’achat reste dès lors le nerf de la guerre : quand les revenus des gens augmenteront, qu’on créera de l’emploi, que les entreprises repartiront de l’avant, alors on pourra espérer revenir aux hausses connues par le passé.  » Et ça, pas besoin d’être grand clerc pour le dire…

G.V.

 » Les prix des biens immobiliers sont fonction du taux de chômage du lieu « 

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