Le haut du panier

Avec cinq représentants au plus haut échelon national, la Wallonie brille au firmament du basket belge

Les Halles de Jemappes ont retrouvé un peu de calme après le choc de Titans qui a opposé, le samedi 8 mars, l’Union Mons-Hainaut aux Spirou de Charleroi. Mais c’est  » malheureusement  » à un non-match qu’ont assisté les spectateurs. La démonstration des Carolos a une nouvelle fois été étincelante. Selon les spécialistes, Charleroi dispose à l’heure actuelle de la meilleure équipe que le basket belge ait jamais connue Mais comment expliquer cette excellente santé affichée par les clubs wallons dans un sport longtemps dominé par le nord du pays (Malines, Ostende ou Anvers) ? Tentatives de réponses…

Charleroi est le leader incontesté de cette nouvelle culture du basket wallon. Il évolue sur une autre planète ! Avec un budget colossal de 3,6 millions d’euros (seul Ostende est capable de rivaliser avec ces chiffres), il dispose de moyens énormes à l’échelle de notre championnat. Au top depuis 1995, le club dispute chaque saison le titre national et se distingue lors des Coupes européennes. Soutenu depuis le début par la Ville de Charleroi et par un public très nombreux, il dispose, depuis cette saison, d’une salle ultramoderne : le Spiroudôme. Cette enceinte de 6 300 places assises, 700 business seats et 10 loges est novatrice et calquée sur ses cons£urs que l’on connaît outre-Atlantique. Véritable temple du basket, elle permet également d’accueillir d’autres événements de choix comme des concerts ou des matchs exhibitions de tennis. Car ici, mieux qu’ailleurs, les dirigeants ont compris que le basket n’était pas qu’un simple sport, c’est avant tout un spectacle. Alors, sur le terrain, on veille également à soigner le jeu. L’équipe conduite par Savo Vucevic propose un basket cinq étoiles. Emmenée par Ron Ellis et Roel Moors (futur Joueur de l’année ?), l’équipe n’a qu’un seul et unique objectif avoué : le titre. Tout autre résultat sera considéré comme un échec ! Dans son sillage, Mons- Hainaut a franchi un palier supplémentaire cette saison. Les observateurs s’attendaient à une période d’adaptation, voire à une année de transition pour les Borains. Mais il n’en fut rien. Le retour au pays de Jean-Marc Jaumain n’est certainement pas étranger à leurs très bonnes performances. Après trois saisons passées à l’étranger, l’ancien meneur de jeu d’Ostende a apporté toute son expérience dans la gestion du jeu. Leur toute récente victoire en terres ostendaises(personne ne s’était plus imposé là-bas depuis le 21 octobre 2000) a balayé les derniers doutes quant à leur forme du moment. Les deux ténors actuels du basket belge peuvent entrevoir de très belles années. Tant du côté de l’Union que des Spirou, les bases de travail sont extrêmement solides, tant sportivement qu’économiquement

Calme plat à Bruxelles

Il faut alors remonter vers la province de Liège pour découvrir les autres ténors wallons. Honneur à Pepinster qui, même s’il possède des moyens financiers limités (1 250 000 euros de budget), a mieux compris que tout le monde l’importance de la formation des jeunes. Les Pépins peuvent puiser dans leur centre de formation (le meilleur en Belgique après l’Ajax team ostendais). Ils en sortent chaque année de jeunes joueurs qui parviennent assez rapidement à se confirmer au plus haut niveau. Il ne faudrait d’ailleurs pas s’étonner de voir Axel Hervelle désigné Rookie de l’année (meilleur jeune). A 19 ans, il est sans conteste l’une des plus belles promesses de notre basket.

Dans la Cité ardente, le BC Liège a su s’installer en très peu de temps comme une valeur sûre du championnat alors qu’il n’en est qu’à sa troisième saison en Division 1. L’arrivée du coach national, Giovanni Bozzi, durant la dernière trêve hivernale, a permis aux Liégeois de continuer leur ascension vers les sommets. Toute l’expérience acquise avec les Spirou lors des huit années passées à la Coupole devrait permettre aux Liégeois une qualification aux play-offs. Mais le club de la Principauté reste bien conscient qu’il pourra difficilement se mesurer aux géants de la division lors du tour final. En bas de classement, le BC Tournai Estampuis devra batailler ferme s’il ne souhaite pas quitter la D1. Du côté de la deuxième division, c’est Huy qui pointe le bout du nez avec comme unique objectif de rejoindre l’élite dès la saison prochaine. Pour réaliser son rêve, le club mosan devra également pouvoir disposer d’un budget suffisant, soit une somme avoisinant les 900 000 euros, un minimum pour se maintenir à ce niveau. Le club devra en outre veiller à augmenter la capacité de sa salle (de 700 à 2 000 sièges). Les Hutois deviendraient ainsi la troisième équipe liégeoise en D1. Intéressant sportivement mais difficilement viable économiquement.

Et Bruxelles dans tout cela ? Elle ne possède plus d’équipe digne de son statut de capitale européenne depuis la faillite des Atomics l’été dernier. C’est le Royal BCB, actif en troisième division, qui est censé porter haut les couleurs de Bruxelles. Un projet de nouvelle équipe est bel et bien en chantier avec un budget avoisinant les 700 000 euros. Certaines personnalités influentes à Bruxelles avaient même pensé que cette nouvelle équipe pourrait obtenir la 12e place laissée vacante en division 1. Mais tout a été stoppé, au nom de la sacro-sainte éthique sportive, par la Ligue belge de basket-ball. En effet, un club sans antécédent et sans matricule débarquant de cette manière dans un sport professionnel, ce n’est pas très fair-play. Mais cela ne fait pas encore une politique sportive à l’échelle du pays.

Laurent Toussaint

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