Le cours de l’Euro

Sans les Belges, mais avec quelques valeurs sûres, le championnat d’Europe, au Portugal, s’annonce plus ouvert que jamais

Suite à la surprenante performance réussie contre les frères ennemis néerlandais (0-1 à Eindhoven), les supporters belges ont retrouvé le sourire. Pourtant, les Diables rouges n’effectueront pas le voyage vers le Portugal où se déroulera le championnat d’Europe des nations du 12 juin au 4 juillet. Ce pays a mis les petits plats dans les grands pour accueillir le quatrième événement sportif mondial après la Coupe du monde, les Jeux olympiques et le Tour de France. Les dix stades, dont sept sont entièrement neufs, pourront accueillir 379 000 personnes. Des infrastructures modernes qui ont coûté la modique somme de 650 millions d’euros. Mais ce sont les enjeux sportifs qui font le suspense car cela fait déjà bien longtemps qu’un championnat d’Europe de football n’avait plus proposé une affiche aussi alléchante. France, Allemagne, Pays-Bas, Espagne, République tchèque, chacune de ces équipes peut revendiquer le statut de favori.

Championne d’Europe en titre, la France attirera naturellement tous les regards, dans le groupe B, après le fiasco du dernier Mondial 2002. Mais, forte d’une équipe invaincue depuis 17 matches et d’une défense de fer, Zinedine Zidane et ses coéquipiers se frotteront sans complexes à la Suisse (deuxième participation à l’Euro), à la Croatie et à l’Angleterre. Depuis la naissance de leur pays, les Croates ont démontré qu’il fallait compter avec eux sur l’échiquier européen. Enfin, les Anglais entendent confirmer leur renouveau. Eliminée prématurément en Asie, lors de la Coupe du monde 2002, par les futurs vainqueurs brésiliens, leur équipe construite autour de David Beckham propose un football engagé et attractif. Dans le groupe A, les supporters portugais attendent beaucoup de leurs joueurs (Luis Figo, Deco ou Cristiano Ronaldo). Tout le pays rêve déjà d’une finale face à l’équipe de France… Pourtant, les Portugais devront d’abord se débarrasser de leurs voisins espagnols, jamais vainqueurs mais souvent placés au final. La Grèce et la Russie devraient se contenter de jouer les trouble-fête dans ce groupe.

L’Italie, grâce à son effectif talentueux, ne devrait éprouver aucune difficulté à sortir en tête du groupe C. Elle devra toutefois se méfier de la Suède qui a réussi l’exploit de se qualifier pour toutes les compétitions majeures depuis quatorze ans, à l’exception de l’Euro 1996 et du Mondial 1998. Avec Freddie Ljungberg et Marcus Allbaeck, l’équipe dispose d’atouts réels pour se hisser au moins en quarts de finale. Le niveau de la Bulgarie et du Danemark demeure une grosse inconnue. Enfin, dans le dernier groupe, l’Allemagne, finaliste du dernier Mondial, aimerait rééditer cet exploit inattendu lors de l’Euro. La Mannschaft risque pourtant de rencontrer une résistance bien plus coriace des Pays-Bas, de la Lettonie et de la République tchèque. Bien qu’invaincue lors des qualifications, l’équipe dirigée par Rudi Völler a perdu toutes ses dernières rencontres amicales face aux  » grands  » comme l’Espagne, l’Italie et la France. Le triple champion du monde et d’Europe est pourtant imprévisible et s’améliore souvent au fur et à mesure de la compétition. La République tchèque, emmenée par le Ballon d’or 2003 Pavel Nedved, comptera également sur ses stars (Cech, Rosicky ou Koller) pour passer le premier tour. Son parcours lors des qualifications laisse d’ailleurs présager le meilleur avec sept victoires et un match nul. Elle a notamment contraint les Néerlandais à disputer les barrages. Comme cela a souvent été le cas, l’équipe, dirigée par Dick Advocaat, est composée de joueurs à l’ego surdimensionné et est tiraillée par des dissensions, souvent d’ordre racial, entre les joueurs d’origine européenne et ceux issus du Surinam. Cette kyrielle d’individualités de grande valeur a une nouvelle fois montré ses limites lors de la rencontre amicale face à la Belgique. Enfin, la présence de la Lettonie est une première. Elle sera la 27e nation européenne à participer à une phase finale. Les paris sont ouverts…

Laurent Toussaint

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