L’autre stress

Sensible du poignet, Kim Clijsters a été contrainte d’observer une pause pour cause de tendinite et de fracture de stress. Un mal plus courant, et plus explicable, qu’on ne le croit

Ils ont apposé une attelle autour de mon poignet gauche « , explique Kim Clijsters à ses inconditionnels, par site Web interposé.  » L’examen a révélé qu’à côté de la réaction de stress il existait une petite déchirure dans le tendon d’un centimètre et demi. Je ne peux plus bouger mon poignet pendant une dizaine de jours.  » Le poignet bandé, donc, mais la tête haute, la n°2 du tennis mondial a quitté le tournoi d’Indian Wells à ses tout débuts, comblant son repos forcé d’activités plus tendres û dans les deux sens du terme û telles que le soutien moral à son fiancé Lleyton Hewitt ou à sa s£ur Elke, inscrite dans la catégorie Junior. Les plus pessimistes ont directement évoqué un retrait prolongé de Kim, pourtant bâtie comme un roc, pour cause de fracture du poignet. Fracture bénigne, évidemment, parce que dite  » de stress « .

Il faut, dans ce cas-ci, comprendre le terme dans son sens anglais premier, celui de contrainte, et non dans son extension désormais populaire d’énervement excessif ou de surmenage. La fracture de stress constitue l’une des blessures les plus fréquentes subies par les sportifs, mais elle n’a rien à voir avec la pression psychologique liée à la compétition. Il arrive en effet qu’un os se brise lorsque le muscle y attenant souffre d’une fatigue telle qu’il ne peut plus absorber de choc supplémentaire. Il transmet alors l’excès de pression à l’os, qui se fissure. Généralement, la pression vient de l’aspect répétitif d’un geste astreignant, comme la cognée du talon contre le sol, dans les marches militaires. D’ailleurs, les os les plus souvent touchés sont le tibia, le métatarse, le col du fémur et le péroné. Au tennis, évidemment, tout ou presque passe par le poignet.

Endommagé de la sorte, l’os provoque, certes, une douleur intense, mais il se ressoude spontanément tant qu’il est laissé au repos. Dans le cas contraire, les choses risquent de s’envenimer rapidement. Kim Clijsters le sait, qui n’a pas hésité à déclarer forfait au tournoi d’Anvers, en 2002, suite à une fracture de stress survenue en Australie quelques semaines plus tôt. Sans doute y est-elle plus sujette, au même titre d’ailleurs, si l’on en croit les statistiques, que tous les femmes en général.

Ce petit incident rappelle encore, notamment à ceux que les promenades de santé de nos championnes sur les courts du monde lassent déjà, à quel point leur entraînement reste intensif et ardu. Il montre également leur prudence remarquable, à l’heure où les s£urs Williams, leurs anciennes rivales, sombrent presque dans l’oubli en même temps que dans les ennuis de santé. Kim aurait pu, lors de ce tournoi, se rapprocher de la première place du classement mondial occupée par sa compatriote. Son retrait, en revanche, et la victoire écrasante de Justine Henin l’en éloignent. C’est dommage, injuste, rageant, mais extrêmement noble. Et sage. La n°1 mondiale s’accorde d’ailleurs, elle aussi, une respiration après quatre tournois victorieux, en faisant l’impasse sur la prochaine épreuve du calendrier, pourtant prestigieuse, de Miami.

Carline Taymans

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