L’art, outil de jouissance

Peut-on penser l’art en général, tout en faisant des distinctions qui permettent de mieux en saisir la signification ?

J.G., Bruxelles

La semaine passée, je définissais l’art comme ce qui suppose un savoir-faire avec l’idée du beau comme certification et pour finalité un signe de richesse et de puissance. De nos jours, le Beau est relégué comme l’expression d’une connivence avec la tradition. Tout se passe comme si, incapable de changer l’économie (et ce qui va avec), on se consolait en changeant de décor (l’art), se donnant ainsi l’illusion de bouger. Pour autant, si le pouvoir a (toujours) instrumentalisé l’art, nul ne conteste que ce dernier exprime le désir comme un des modes les plus intimes de notre humanité au même titre que la frustration finale de ce désir dans la mort a fait de nous des êtres religieux, parfois même au mépris de la religion.

Le désir est attente de joie. Celle-ci, comme le rappelle Spinoza, est le plaisir accompagné de la connaissance de ce qui le produit. Le désir est donc un mélange, d’une part, de pulsions et de passions, bref, de sensibilité et, d’autre part, de raison et de calcul(s). L’art est l’alliage réussi des deux avec d’autant plus d’évidence qu’il est reconnu par un cercle plus étendu d’individus. Pour ce faire, il y a la tradition et l’éducation qui en est l’exercice et la rationalisation. Mais l’art – sa réception – n’en est pas, comme on le voit actuellement, nécessairement dépendante.

En fait, la joie qu’on aspire à connaître s’inscrit, selon les époques ou les cultures, comme une expression plus collective ou plus singulière. Et ce qui fait la balance, c’est curieusement le développement de l’esprit critique. Personne ne vit seul. Nous sommes de prime abord comme des éponges qui absorbent, selon la force des courants, les nutriments qui baignent dans notre milieu de vie. Seule la qualité de notre esprit critique permet d’opérer des filtrages, manière d’orienter notre désir dans l’attente d’une joie précise. En ce sens, l’art est double, comme le lien affectif. Dans celui-ci, la libido est première, elle produit un désir qui n’est alors que sexuel. Il se transforme en amour quand il est gouverné. Cela suppose des règles… et la difficile tâche de les observer. Le prix en est une qualité de joie que je considère, à tort ou à raison, comme celle qui doit être recherchée.

L’art est ainsi, avant tout, le comble de la sensibilité comme outil de jouissance. Il peut être aussi un sélecteur de façon à produire un plaisir qui répond à l’idée éprouvée d’une jouissance plus parfaite, c’est-à-dire plus en harmonie avec l’idée que je me fais de mon humanité.

A l’heure de la suppression du pointage pour les chômeurs, je me demande si cette décision a été prise pour éviter à la jeune population de voir les files de jeunes s’agrandir au fil des mois. Jeune graduée en communication publicitaire de 24 ans, je tiens à faire passer un message. Par l’image, puisque c’est mon métier. Cette affiche est ma création. Peut-être que le gouvernement ne voit plus les files s’allonger et qu’il s’imagine que le taux de chômage diminue ? Faux ! A qui la faute ? A nous, jeunes, qui avons passé trois années d’études supérieures et payé des minervals astronomiques pour se retrouver au chômage parce que notre  » profil  » ne correspond pas tout à fait à celui recherché par les employeurs ? Ou bien parce que nous manquons d’expérience ? Il est vrai que rester deux ans au chômage nous fait devenir de plus en plus performant ! Mais performant dans quoi ? Dans la façon de se laisser aller ? De désespérer d’envoyer des CV ? De se présenter chez des patrons qui nous jugent pas assez exploitables parce que n’ayant pas telle ou telle carte jeune ou plan Activa ? (…) En cette période de fêtes, je veux encore croire au Père Noël !

par jean nousse

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