L’ange de Doel

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L’ange de Doel n’est plus là pour le voir. Emilienne Driesen s’est éteinte en 2019, à 89 ans. Née à Doel où elle a grandi (NDLR: village quasi fantôme, vidé de ses habitants car condamné à disparaître en raison de l’extension du port d’Anvers, mais qui sera finalement conservé), elle avait continué à habiter sa maison aux petites fenêtres, en dépit de toutes les décisions politiques, des tristes abandons, des squatteurs et des adeptes du tourisme de catastrophe. C’est avec plaisir qu’elle discutait autour d’une tasse de café avec les journalistes, dans un débit inimitable: « Je suis née ici et je veux y mourir », déclarait-elle. […]

Emilienne était une des dernières et certainement la doyenne des habitants natifs de ce village enclavé entre le port, les polders et l’Escaut. Le nouveau Doel, porté sur les fonts baptismaux par un accord finalement conclu avec treize groupes d’intérêts, sera peuplé de nouveaux habitants qui n’auront sans doute aucun lien avec ce qui fut jadis et n’auront jamais connu Emilienne.

Le processus commencera modestement par la rénovation de vingt-quatre maisons où les nouveaux résidents pourront s’installer tels des pionniers, expérience unique de construction communautaire.

Le tournant historique est bien réel. Coïncidence, il se produit peu après cette autre décision historique qui revient à l’énergie nucléaire et sauve ainsi de la destruction la centrale de Doel et ses deux tours de refroidissement iconiques. Tout aussi historique et récente: la fusion des ports d’Anvers et de Zeebruges.

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