La vitesse sur les routes

Je rejoins votre lecteur Jacques Lambert ( Le Vif/L’Express du 7 mai) lorsqu’il constate que bon nombre de limitations de vitesse ne correspondent pas à la réalité du terrain : des limites plus réalistes n’augmenteraient-elles pas leur crédibilité et, par là, leur respect spontané par les automobilistes ? Mais je ne suis plus d’accord avec M. Lambert lorsqu’il suggère de laisser ces paramètres à l’appréciation du juge : l’honnêteté intellectuelle n’exige-t-elle pas de tenir compte aussi de mille détails tels que l’utilisation du GSM (avec ou sans car kit ?), de l’état de stress, etc., voire de paramètres discriminatoires tels que la conception technique du véhicule, l’âge, le sexe, l’expérience de la conduite du conducteur. Comment se propose- t-il de rendre ces paramètres objectifs et mesurables ? Comment en établir de manière incontestable la liste ainsi que la formule qui va déterminer la vitesse acceptable pour ce conducteur à ce moment et à cet endroit ? En attendant que toutes ces questions soient hypothétiquement un jour résolues, les limitations statiques telles que nous les connaissons sont probablement le seul système équitable.

Nous possédons en Belgique un réseau routier parmi les plus modernes d’Europe. Quant aux voitures, elles sont non seulement de plus en plus rapides, mais aussi de plus en plus sûres et efficaces, elles sont équipées de systèmes de sécurité on ne peut plus sophistiqués… Et, tandis que chaque année voit fleurir son lot de progrès technologiques, on en reste inexorablement – et depuis combien d’années ? – à nos sempiternels 120 km/h sur autoroute. On en vient à penser qu’il serait peut-être temps d’adapter cette limite, de l’indexer en quelque sorte au diapason des progrès réalisés. A l’heure des tentatives d’harmonisation des législations européennes, ne pourrions-nous au moins suivre nos pays voisins que sont la France et l’Allemagne. Ou bien faut-il considérer le conducteur belge comme un sous-développé, une sorte d’être irresponsable manquant de discernement sur la route ? Si nos gouvernants ne veulent pas adapter cette limitation obsolète, au moins faudrait-il envisager de différencier la vitesse par secteurs, comme on le fait pour certaines voies à grande circulation et autoriser sur certains tronçons d’autoroute des vitesses plus adaptées de l’ordre de 140 à 150 km/h… Notons d’ailleurs qu’une vitesse différenciée présente l’avantage d’une meilleure dispersion des voitures en lieu et place des agglomérats auxquels on assiste actuellement û les distances n’étant jamais respectées.

Benoît Matthys, Wezembeek-Oppem

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