La politique et les lettres

Vaclav Havel quittera le Château de Prague le 2 février, après 13 ans de présidence. Itinéraire

Issu d’un milieu favorisé, Vaclav Havel souffre de la prise de pouvoir des communistes, en 1948. Le régime lui interdit d’étudier la littérature mais il ne renonce pas pour autant à la vie culturelle. Accessoiriste dans un théâtre, il suit des cours de dramaturgie par correspondance. Il écrit alors ses premières pièces dont l’une aura un retentissement international.

Lorsque le Printemps de Prague est réprimé par les troupes du Pacte de Varsovie en 1968, Vaclav Havel partage la désillusion de ses concitoyens. Il est contraint de se retirer du champ de la culture officielle mais apparaît alors au devant de la scène politique. En 1977, il fonde, avec d’autres, un mouvement de défense des libertés individuelles, la Charte 77, dont il sera le porte-parole. Dès ce moment, il est l’ennemi public numéro un du régime et on tentera de l’emprisonner à trois reprises. Il passera près de cinq ans derrière les barreaux, une période durant laquelle il écrira les célèbres Lettres à Olga.

A la suite d’une manifestation pacifique d’étudiants, réprimée par la police communiste en novembre 1989, Havel fonde le Forum civique, un mouvement qui fédère l’ensemble des groupes d’opposition tchèques au régime. Le Forum civique lancera la révolution de velours qui conduira à la chute du régime communiste. Reconnu comme le leader incontesté du pays, Havel est élu président en décembre 1989, les 300 députés de l’assemblée fédérale s’étant prononcés unanimement en sa faveur. Il promet alors de conduire le pays à des élections libres, ce qu’il fera quelques mois plus tard. Il sera réélu, le 5 juillet 1990, pour un second mandat miné par les divergences de vue entre députés tchèques et slovaques sur l’organisation future de l’Etat. Fervent défenseur d’une fédération commune pour les Tchèques et les Slovaques, Havel tentera d’éviter le divorce, mais les élections parlementaires de 1992 confirmeront le fossé entre Tchèques et Slovaques. Il jette alors l’éponge mais reviendra briguer la première présidence tchèque, à laquelle il accède en janvier 1993. En 1998, dans des circonstances politiques difficiles, il est réélu. Mais sa popularité s’est lentement effritée après l’euphorie post communiste. Certains le disent plus populaire à l’étranger que dans son propre pays. La Constitution tchèque limitant la présidence du pays à deux mandats consécutifs, Vaclav Havel quittera le Château de Prague le 2 février pour retourner à l’écriture.

Hugues Thomas

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