La mesure, en toutes choses !

Vaste opération de vulgari- sation, le Printemps des sciences connaît un succès croissant. Du 22 au 28 mars, en Wallonie et à Bruxelles, il fédère cette fois les initiatives de plus de 60 partenaires, autour du thème du mesurage

(1) Au numéro vert 0800 20 000. Le site www.printempsdessciences.be contient les mêmes informations détaillées.

Des plus élémentaires (la règle, la balance) aux plus sophistiqués (l’horloge atomique, l’électromyographe, le microscope à balayage électronique), en passant par le thermomètre, le dynamomètre, le pluviomètre ou le sextant : de tout temps, les savants ont rivalisé d’ingéniosité pour inventer les appareils dont ils avaient besoin… Fidèle au succès des précédentes éditions, le Printemps des sciences, vaste manifestation ludique, concrète et gratuite axée sur les sciences en Communauté française, s’est encore choisi, cette année, un thème à décliner en tout sens : en 2004, ce sera  » la mesure « . Suffisamment vague et flou, le sujet permet qu’on l’aborde sous l’angle des instruments et des unités – disposer d’outils de mesure validés, objectifs et fiables s’avère en effet indispensable aux démar- ches scientifiques. Mais, surtout, la notion autorise la mise en scène d’une riche palette d’animations pédagogiques interactives, tantôt amusantes –  » Comment mesurer le diamètre des poils du dragon ? », présenté par l’université de Mons-Hainaut, ou  » Comment compter les poissons d’une rivière ? », à l’Aquarium de Liège – , tantôt nettement plus complexes – des chimistes de l’ULg proposent ainsi la  » visualisation des écoulements en conduites par tomographie électrique « . Avis aux amateurs -.

Depuis quatre ans, le  » Printemps « , c’est ça : pour tous les goûts, une grande foire aux sciences exactes, une approche vivante de disciplines a priori rébarbatives, à travers un champ multiple d’expériences, d’ateliers, de jeux, de manipulations, de conférences et de débats. Eparpillées en Wallonie et à Bruxelles, durant toute une semaine et un week-end (du 22 au 28 mars), ces activités innombrables s’adressent aux élèves des enseignements primaire et secondaire, ainsi qu’au grand public. Comme les sciences occupent une place capitale dans la vie quotidienne, ce rendez-vous annuel, qui a pour objectif de stimuler la curiosité de chacun, se veut aussi porteur d’une mission sociale : apprivoiser la science, pour mieux la comprendre.  » Car, de nos jours, celle ou celui qui n’arrive pas à décrypter le langage scientifique est vite marginalisé « , souligne Françoise Dupuis (PS), ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de la Communauté française, initiatrice et unique bailleuse de fonds de l’événement – 285 500 euros alloués en 2004.

Certes, cette opération  » de haute voltige et de grande satisfaction intellectuelle « , selon Françoise Dupuis, vise aussi à susciter des vocations auprès des futurs étudiants, afin de combler le déficit d’inscriptions dans certaines filières (notamment celles formant des ingénieurs industriels, actuellement désaffectées, et pourtant garantes d’emplois). La soixantaine d’universités, de Hautes Ecoles, d’associations, de musées et de centres de recherches qui se sont associés (parmi lesquels une dizaine de nouveaux partenaires, comme l’ASBL Ose la Science, à Namur, ou l’Association francophone des utilisateurs de linux et de logiciels libres, à Bruxelles) savent pertinemment bien que l’intérêt des étudiants pour les matières réputées difficiles est favorisé par la relation étroite qu’entretiennent les maths, la physique, la chimie, la bio avec le monde dans lequel vivent les jeunes. Les sciences nous concernent tous, de très près : quand ce lien est clair, l’apprentissage s’en trouve facilité. Une partie de l’attractivité du Printemps réside d’ailleurs dans la possibilité qu’ont les enseignants d’aller montrer à leurs élèves des expériences que, pour des raisons d’organisation ou de matériel, il est exclu de réaliser en classe.

Alors, plein feu sur la définition du micron, le calcul des points d’une courbe ou le dosage du fer dans le sang. Attention : pour participer à ces activités, qui se déroulent la plupart du temps dans des laboratoires, il est parfois essentiel de s’inscrire. Une épaisse brochure, qui regroupe toutes les offres par zone géographique, a été envoyée à tous les enseignants de sciences de la Communauté française. Un bon millier de ces guides indispensables sont encore disponibles pour le public, gratuitement, sur demande (1).

Valérie Colin

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