La grande lessive du PS

Ainsi,  » Son Eminence  » Elio Di Rupo, ne voulant une fois de plus, pas se salir les mains, a confié le sale travail de  » rénover  » le PS à la  » jeune garde du parti  » en la personne de Gilles Doutrelepont. Las, ce travail confine à la tâche imposée à Sisyphe en personne, à côté de cela, les douze travaux d’Hercule se réduisent à une aimable plaisanterie.

En effet, la méthode de gestion du PS, à savoir le népotisme, le clientélisme, les abus de biens sociaux, contamine tous les niveaux de pouvoir de la Région wallonne : le régional, le provincial et le communal. Cela est la cause, depuis des décennies, du déclin de la Wallonie. La seule méthode pour  » rénover  » le PS est de reléguer celui-ci pour une très longue période dans l’opposition, en priant pour que ce ne soit pas l’extrême droite qui tire les marrons du feu. Les élus d’un pays et d’une Région devraient être choisis pour leur intelligence, leur compétence et leur sens du bien commun, ils devraient servir d’exemple pour tous les citoyens. Cela acquis, cela couperait l’herbe sous le pied à l’extrême droite et nous dispenserait de  » cordon sanitaire « .

Les frères H

Bravo pour votre article sur les frères Happart (Le Vif/L’Express du 2/12). Voilà enfin quelqu’un qui ose publier ce que je savais (et bien d’autres d’ailleurs aussi) depuis très longtemps déjà. Ancien Fouronnais, j’ai vécu l’ascension de José de l’intérieur. Il s’agit d’un personnage qui a été grisé par sa popularité locale, qui s’est senti devenir quelqu’un d’important, ce qui a exacerbé sa soif de pouvoir et son sentiment d’être intouchable. Et, ensuite, il a été pris dans un engrenage qui l’a amené là où il n’aurait jamais dû arriver. Mais à qui la faute ? Lorsque José n’était que politicien local, mais faisant régulièrement la Une de la presse, plus d’un parti aurait bien voulu l’intégrer dans ses rangs, sentant qu’il pourrait amener la manne électorale. Et ce fut le parti socialiste qui décrocha la timbale. José n’était certes pas un socialiste convaincu (connaissait-il seulement le mot socialiste ?), mais ce fut manifestement le choix d’un opportuniste rusé. Les événements ultérieurs ont démontré qu’il avait fait le bon choix. Et même doublement, puisqu’il a réussi à leur imposer son frère. On peut après coup se demander si un autre parti aurait fait preuve d’autant de générosité à l’égard de ces deux-là et aurait toléré aussi longtemps leurs frasques avant de les dégommer. J’ose espérer que non. Ce sont les coquilles vides qui font le plus de bruit, mais après un certain temps ça lasse. Surtout lorsqu’on n’a que l’arrogance et le mépris comme arguments. Elio Di Rupo veut traquer les  » parvenus « . Qu’il fasse vite et bien. Il en va de l’avenir et de la crédibilité de son parti, des institutions et de la Wallonie en général.

L’étau se resserre sur les frères Happart. Votre article révèle leurs réseaux et leurs pratiques, et ce n’est guère reluisant. L’affaire Francorchamps sera sans doute celle qui aura réellement permis de lever le voile sur les cas Happart, les aura poussés vers la chute aussi.

Mais le plus incompréhensible, le plus grave peut-être, c’est qu’il ait fallu tant de temps, qu’il ait fallu que les frères soient – presque – à terre pour que la presse fasse état de leurs m£urs. Car, soyons honnêtes : l’incompétence, l’absence d’éthique, les copinages plus ou moins mafieux, les menaces et la violence, les libertés prises avec la loi, en particulier dans le monde de la chasse… ces pratiques happartiennes sont largement connues depuis longtemps.

Et elles ont pris des proportions étonnantes, à la mesure du poids électoral de José, sans doute, mais aussi à l’inverse mesure du travail politique des 2 frères. Car qu’a fait José H au gouvernement wallon pendant 5 ans ? Il n’a rien construit, rien réformé qui tiennent la route. Il a détruit plutôt et dans les secteurs dont il avait la charge, ceux qui n’étaient pas ses  » amis  » ont essuyé les plâtres. Comment se fait-il dès lors qu’il ait été autant protégé par la presse ? Comment expliquer une telle complaisance à son égard alors que tant d’occasions de sortir des  » affaires Happart  » étaient possible ? Que le président Di Rupo soit contraint de composer avec un homme au score électoral record, c’est désolant mais compréhensible. Qu’il ne se soit pas trouvé un journaliste durant des années pour dresser le portrait qui apparaît aujourd’hui, reste un mystère inquiétant.

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