La déferlante des Ch’tis

Une fréquentation historique, un taux de satisfaction record, un enthousiasme général qui touche toutes les tranches d’âge, toutes les classes sociales… Gros plan sur un triomphe.

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Ce n’est plus un succès, c’est un phénomène.  » Michel Luel, administrateur délégué d’Alternative Films, la société qui distribue Bienvenue chez les Ch’tis en Belgique, se frotte les mains. En deux semaines, le film a déjà réalisé près de 270 000 entrées. De mémoire de cinéphile, on n’avait jamais vu ça en Belgique. Le plus gros succès jamais enregistré par Alternative Films, Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre, avait attiré 840 000 spectateurs au cours de l’ensemble de sa carrière en salle.  » Aujourd’hui, ce record est à portée de main, se réjouit Michel Luel. Franchement, on ne sait pas où on va… Les vacances de Pâques vont commencer et le film est déjà n° 1. Chaque personne qui va le voir déclenche ensuite un bouche-à-oreille extraordinaire, et ça, c’est la meilleure publicité.  »

Dans l’ouest du Hainaut, où la culture ch’ti fait partie du quotidien, l’engouement est exceptionnel. Lors du premier dimanche d’exploitation de Bienvenue chez les Ch’tis, le complexe Imagix à Mons a enregistré 10 800 entrées : un record depuis son ouverture, en 1992.  » Nous nous basons sur des méga-succès comme Titanic ou Amélie Poulain, indique Frédéric Delisse, responsable du marketing chez Imagix. Nous voyons déjà une catégorie de personnes qui reviennent voir le film.  » Ce succès est en partie dû à l’afflux de spectateurs français : à Tournai et à Mons, ceux-ci représentent actuellement entre 20 et 25 % du public, alors que la proportion tourne d’habitude autour de 10 %.

Mais la frénésie qui entoure Bienvenue chez les Ch’tis déborde largement les frontières hennuyères. Le film cartonne aussi à Bruxelles et à Liège. Des cinémas de village, d’ordinaire aux trois quarts vides, sont pris d’assaut par le public. Samedi dernier, certains d’entre eux ont dû refuser autant de personnes qu’ils ont pu en laisser entrer.  » Signe d’un grand triomphe : des gens qui ne s’étaient plus rendus au cinéma depuis vingt ans ont été voir le film « , remarque Michel Luel. Dans les bistrots, les cafétérias des entreprises, les cours de récréation, partout, Bienvenue chez les Ch’tis anime les conversations. Commentaire entendu dans un tram bruxellois, dans la bouche d’une vénérable grand-mère :  » Je n’avais plus autant rigolé depuis La Grande Vadrouille.  » Une aubaine pour les exploitants de cinémas qui voient là un avenir radieux pour les films prochainement à l’affiche, dopés par un effet d’entraînement et, surtout, par l’audience démultipliée des bandes-annonces présentées avant la projection de Bienvenue chez les Ch’tis.

Et le phénomène ne devrait pas s’arrêter là. Le film a été vendu au Québec, au Maroc, en Italie, en Espagne, en Allemagne. D’autres pays pourraient bientôt s’ajouter à la liste. Aux Etats-Unis, le long-métrage de Dany Boon sera présenté en avril au festival du film français de Los Angeles. Des producteurs américains envisageraient déjà un remake…

Christophe Carrière et François Brabant

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