La croisière s’éclate

Finie l’image d’un tourisme ringard réservé aux plus riches ? La formule séduit en tout cas de plus en plus les familles. Entre 2002 et 2007, le nombre de voyageurs belges a quasi doublé.

Son arrivée à l’île Maurice était attendue. Pourtant, ce n’était pas une star que ce paradis pour touristes, généralement aisés, devait accueillir, le 11 décembre 2007, mais le Costa Marina, premier paquebot à amarrer à Port Louis. Après la Méditerranée, les Caraïbes et Dubai, c’est au tour de l’océan Indien et, bientôt, de la Chine –  » un marché prioritaire « , affirme Pier Luigi Foschi, PDG de Costa, leader européen de la croisière – de succomber aux charmes du tourisme maritime.

Partout, la demande explose : entre 1995 et 2005, le nombre annuel de passagers a triplé, passant de 5 à 15 millions. Une embellie qui concerne d’abord l’Europe, où les taux de progression dépassent 12 % par an ! Sur le Vieux Continent, la croisière pèse déjà 8,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et a séduit près de 5 millions de touristes en 2007.

Cet engouement n’est pas le fruit du hasard. En dix ans, le secteur a en effet réussi à changer l’image ringarde de la croisière, réservée aux vieux milliardaires américains. Il a aussi amélioré son offre. Les chantiers navals construisent désormais des paquebots ultramodernes capables d’accueillir 3 500 passagers.  » Ce sont de véritables palaces flottants « , affirme l’un des responsables de Costa, n° 1 du secteur en Belgique et en Europe.  » Quatre-vingts pour cent de nos cabines possèdent des balcons « , ajoute Antonio Donsanti, PDG de MSC Croisières, autre opérateur présent en Belgique.

Cette montée en gamme s’est accompagnée d’une baisse des prix. Pour une traversée d’une semaine en Méditerranée, les adultes paieront 1 000 euros chacun, tandis que leurs enfants – jusqu’à 18 ans – bénéficieront de tarifs avantageux et pourront même parfois voyager gratuitement, dans certains cas ! Si la Grande-Bretagne reste une des championnes de la croisière – on comptait déjà 1,2 million de passagers britanniques par an, en 2006 -, la Belgique n’est pas en reste. Les chiffres explosent, en effet, à tous les niveaux.

Ainsi, Cruise & Ferry World (C&FW), qui regroupe les quelque 15 compagnies de ferries et croisières actives dans notre pays et au grand-duché de Luxembourg, annonce plus de 40 commandes de navires pour les cinq prochaines années, représentant plus de 100 000 lits supplémentaires par rapport à l’offre actuelle. En 2007, quelque 47 000 Belges sont partis en croisière à travers le monde – un chiffre en augmentation de plus de 17 % par rapport à l’exercice précédent. Et durant les cinq dernières années, le nombre de Belges qui optent pour ce type de vacances a quasi doublé… Conclusion des responsables de C&FW :  » Les croisières sont de moins en moins un marché de niche. Au contraire, elles deviennent un véritable acteur dans le tourisme, en Belgique comme en Europe. « 

Priorité à l’Europe

Les voyageurs belges sont d’abord attirés (à plus de 70 %) par l’Europe et, en particulier par la Méditerranée, devant l’Europe du Nord et les Canaries. Et, sur le continent américain, ce sont les Caraïbes qui accueillent le plus de Belges, loin devant les voyages transatlantiques et des destinations comme l’Alaska, le Panama et l’Amérique du Sud.

Bref, tous les voyants sont au vert pour ce type de séjours (de 7 à 8 nuits, en moyenne, pour les voyageurs belges). Et ce n’est pas fini. En Europe, le secteur ne représente encore que 2 % des séjours touristiques. Mais il va profiter, dès 2008, de la sortie de méga-paquebots. Pour atteindre, en 2012, sa vitesse de croisière… l

Corinne Scemama et Nicolas Ghislain

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