La citrouille devenue carrosse

Au départ, ce n’était pas un coup de foudre. C’était une véritable horreur « , lâche la propriétaire de cette bâtisse acquise en 2001. Un taudis ? Du moins dans son état d’origine, comme lorsqu’on embrasse un crapaud en croisant les doigts pour qu’il se transforme en prince charmant. Mais quand on choisit d’acheter dans le Brabant wallon, a fortiori Waterloo, la marge de man£uvre est très étroite. A moins de croire aux contes de fées.

 » Acheter une maison impeccable ou faire construire devient rapidement impayable, commente l’architecte Hugues Verhaegen. En revanche, acheter une bicoque et la retaper peut se révéler rentable.  » Une option à laquelle s’est vite résolue la propriétaire, qui n’en est pas à son coup d’essai. Rien qu’avec son compère architecte, son compteur affiche déjà trois rénovations. Tous les cinq ans, elle se lance dans une nouvelle aventure immobilière.

Celle-ci débute en 2001 : la maison est vendue à 300 000 euros, tous frais compris. Le prix grimpe rapidement : il faut encore débourser 125 000 euros pour la rénovation de fond et 75 000 euros pour l’aménagement intérieur. La métamorphose peut commencer.

Particulièrement mal agencée, l’habitation souffre cruellement d’unité architecturale. Construite en hauteur, recouverte d’un toit en pente disproportionné du côté droit, elle a besoin d’un nouvel habillage.  » Pour ne pas faire exploser le budget, il fallait éviter au maximum de toucher à la structure intérieure, avance l’architecte. L’opération consistait à procéder à un toilettage des lieux pour les rendre plus harmonieux. « 

Tels des Lego, trois modules complémentaires sont imbriqués en façade avant, pour procurer une meilleure horizontalité à la demeure. Un bureau secondaire est construit côté gauche. Le hall d’entrée – précédemment construit sur une largeur d’à peine un mètre – est agrandi. Et une buanderie ainsi qu’un autre bureau sont adossés au mur, côté droit. Pour parer le nouvel ensemble, un élément couvert court le long de la façade. De quoi donner l’illusion d’avoir remplacé l’ancienne demeure par une autre.

Pour gagner de l’espace au rez-de-chaussée, le garage est supprimé et transformé en une cuisine ouverte flambant neuve. Des diagonales de vues sont intégrées partout où c’est possible, afin de donner une impression d’espace, encore multipliée par le jardin s’étendant à l’arrière. Trois terrasses, dont deux au premier étage, sont ajoutées à l’ensemble. Les deux chambres d’enfants comptent désormais une salle de douche. Cerise sur le gâteau : la salle de bains des parents est agrémentée d’un sauna. Le crapaud est bel et bien devenu un prince.

Gilles Quoistiaux

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