Kamikaze bruxelloise en Irak

Une vague de perquisitions a mis au jour un réseau de combattants islamistes pour l’Irak. Une jeune femme de Bruxelles a fait les frais d’un endoctrinement de type sectaire

Une Bruxelloise de 36 ans, mariée à un Belge d’origine marocaine et convertie à l’islam le plus radical, détient le triste privilège d’avoir été la première kamikaze européenne connue en Irak. Le 9 novembre, elle s’est jetée au volant de sa voiture contre un convoi militaire américain au sud de Bagdad. Pas d’autre victime qu’elle-même. Son mari, avec qui elle était descendue en Irak par la route, via la Turquie, était mort quelques jours plus tôt, lors d’une attaque américaine. Il était équipé comme sa femme. En martyr. Les services de police et de renseignement pensent que d’autres Belges sont partis en Irak pour les mêmes raisons. Comme l’Afghanistan auparavant, l’Irak exerce une attraction irrésistible sur la mouvance djihadiste internationale. Depuis quatre mois, les services de police et de renseignement enquêtaient sur les milieux soupçonnés d’organiser l’acheminement, le soutien et l’exfiltration de  » combattants  » amenés au sacrifice suprême par un enchaînement de type sectaire. Les perquisitions prévues à Bruxelles, Anvers, Charleroi et Riemst (Tongres) ont dû être précipitées à la suite d’une indiscrétion d’un juge antiterroriste français à RTL France. L’information a été relayée par les médias belges, auxquels le procureur fédéral, Daniel Bernard, a rappelé au passage leurs responsabilités, au cours d’une conférence de presse avec la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS).  » La Belgique est directement concernée par la menace terroriste « , a répété celle-ci avec force. Ce qui ne veut pas dire  » menacée « , nuance. Aucun indice ne permet de croire que notre pays est particulièrement visé. Le niveau de menace est constant, en raison de la présence d’organisations internationales. En revanche, les documents saisis lors des perquisitions menées le 30 novembre sont sans ambiguïté quant au  » djihad  » irakien. Des 14 personnes interpellées ce jour-là, 7 sont belges, 3 marocaines, 2 tunisiennes et 2 belges d’origine tunisienne. Neuf sont susceptibles d’être déférées au juge d’instruction du chef d’appartenance à un groupe terroriste. Ni base arrière ni plaque tournante, la Belgique est confrontée, comme tous les Etats démocratiques, à un extrémisme politico-religieux dont les formes ne cessent d’évoluer.  » L’arsenal législatif, ainsi que les moyens matériels et humains vont être renforcés « , a promis la ministre, dont le projet de loi sur les méthodes particulières d’enquête est vivement critiqué par la Ligue des droits de l’homme. L’actualité la sert.

Marie-Cécile Royen

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