Jane cherche Tarzan riche, Tarzan cherche Jane dévouée

Deux chercheurs le démontrent : les hommes souhaitent des partenaires dévouées et altruistes, les femmes sont attirées par des hommes disposant d’une aisance matérielle.

Tout est sexuel. Ce credo freudien est largement partagé par deux chercheurs américains : Geoffrey Miller, de l’université du Nouveau-Mexique, et Vladas Griskevicius, de l’Arizona State University. Dépenser beaucoup d’argent pour des produits de luxe est directement lié au processus de séduction. Tout comme consacrer des heures à une bonne cause. Car la clé de la sélection sexuelle de partenaires est de disposer de ressources. Le temps et l’argent sont, dans cette optique, de simples signaux émis en vue de l’accouplement !

Pour parvenir à cette conclusion, les deux professeurs ont mené un premier test. On répartit des volontaires en deux groupes, hommes et femmes confondus. Le premier groupe est placé dans un état d’esprit  » romantique  » : on montre à ses participants des images de personnes séduisantes du sexe opposé, puis on leur demande de raconter comment se déroulerait le rendez-vous idéal avec l’une de ces personnes. Le second groupe, moins chanceux, a droit seulement à des photos de bâtiments et à un communiqué sur la météo du jour. On passe alors à la séquence suivante : à supposer que les participants disposent de 5 000 dollars, quel montant consacreraient-ils à des achats de luxe, comme une nouvelle voiture, un dîner dans un bon restaurant et des vacances à l’étranger ? Et s’ils disposent de soixante heures de loisirs, quelle part en serait consacrée aux £uvres bénévoles ?

Les résultats ont répondu aux prévisions. Dans le groupe  » romantique « , les hommes ont massivement consacré leur argent à des dépenses de luxe, tandis que les femmes ont opté, à une large majorité, pour le bénévolat. En revanche, dans l’autre groupe, non stimulé par des photos évocatrices, les hommes étaient bien moins portés sur les dépenses excessives, et les femmes moins enclines à donner de leur temps libre au bénévolat. Conclusion ? Les deux sexes recourent à des stratégies différentes pour attirer l’attention de l’autre.

Un bémol : que ce soit du temps ou de l’argent, la dépense doit se voir pour servir la stratégie de séduction. Ce qu’a montré une deuxième expérience, qui s’est intéressée non au montant des dépenses et au temps consacré au bénévolat, mais à leur visibilité. Les achats des hommes du groupe  » romantique  » se sont concentrés sur des objets voyants (vêtements, voitures…), au détriment des objets d’intérieur. Les femmes du même groupe se sont déclarées volontaires pour venir en aide aux sans-abri, plutôt que de passer un après-midi solitaire à nettoyer un parc. Quant à l’autre groupe, celui que l’on n’avait pas placé en situation  » romantique « , il se montre indifférent à la visibilité de ses choix.

Qu’en penser ? Les deux études renvoient à la thèse traditionnelle que les femmes recherchent d’abord en l’homme le soutien matériel, tandis que les hommes désirent des femmes qui se consacrent à eux…

The Economist/ Traduction et adaptation : François Janne d’Othée

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