Invitée surprise de la présidentielle de 2017 ?

Son mandat à Washington s’achève à l’été 2016, juste avant la primaire UMP. Si la directrice générale du FMI s’est éloignée de Paris, rien ne dit que son exil soit définitif.

A chacun de ses passages en France, son prédécesseur provoquait un déchaînement médiatique. Ceux de Christine Lagarde restent discrets. Même quand la directrice générale du FMI est l’invitée, le 16 octobre, d’une longue émission sur LCI. Pourtant, comme Dominique Strauss-Kahn – et la comparaison s’arrêtera là -, la présidentielle de 2017 pourrait lui tendre les bras.

L’hypothèse serait-elle farfelue ? Pas pour les gens  » que Christine croise dans la rue ou dans l’avion et qui la réclament « , raconte Xavier Giocanti, son compagnon. Resté à Marseille, ce chef d’entreprise a même déposé plusieurs noms de domaines sur Internet, du type  » ChristineLagarde2017  » !  » C’est une boulette « , a-t-il répondu au Vif/L’Express, soudainement inquiet de la répercussion d’une telle initiative visant  » juste  » à empêcher que des rigolos s’en emparent.  » Comme tout ce que l’on fait, on le fait de concert « , ajoute-t-il à propos de son tandem avec Christine Lagarde. Déclaration d’un amoureux ou maladresse ? Car toute incursion dans la politique est interdite à la patronne du FMI. A défaut, elle risque sa place. Son mandat court jusqu’en juin 2016. Quand la question lui est posée, l’intéressée veille à ne pas répondre. En privé, il lui est arrivé de se laisser aller.  » Je n’exclus rien « , a-t-elle ainsi glissé à un ancien ministre français. Un  » rien  » qui a son importance, surtout quand on sait que la confidence est postérieure à son arrivée à Washington.

Femme, populaire malgré l’affaire Tapie qui a écorné son image, parée d’une aura internationale, elle a quelques atouts en poche. Roselyne Bachelot ne lui voit pourtant pas un destin présidentiel, parce que c’est  » une femme trop délicate dans un monde politique qui ne l’est pas « . En revan-che, l’ex-ministre l’imagine très bien chef de gouvernement d’un François Fillon devenu président, avec qui la directrice du FMI est toujours en contact. Lui non plus n’envisage pas sa candidature. Il n’est jamais bon de se fabriquer des concurrents potentiels.

Si Christine Lagarde n’a pas un appétit politique féroce, elle sait se montrer stratège.  » Elle avait réussi à assurer sa survie entre Chirac [dont elle fut ministre] et Sarkozy « , qui s’en enticha, rappelle le député Hervé Mariton (UMP). Malgré son fiasco aux municipales de 2008 à Paris, elle projetait de se présenter aux législatives.

Fine tacticienne, mais pas tête brûlée

Elle aurait pu aller plus vite, plus loin, en structurant son propre mouvement. L’ancien secrétaire d’Etat Hervé Novelli lui avait proposé de devenir la chef de file de la droite libérale. Elle a préféré rester bonne élève derrière Nicolas Sarkozy. Tacticienne, pas tête brûlée. Du coup, elle n’a pas fédéré de parlementaires autour d’elle.

La primaire de l’UMP donnera-t-elle sa chance à des personnalités éloignées du sérail ?  » Elle peut profiter de circonstances exceptionnelles « , juge Anne-Marie Idrac, ex-secrétaire d’Etat au Commerce extérieur. Ces  » mêmes circonstances  » qui ont discrédité la classe politique en Italie, renchérit un autre ami, le député Bruno Le Maire, et ont porté l’économiste Mario Monti au palais Chigi.

L’affiche de 2017 a peut-être trouvé son premier acte dans le bureau de François Hollande à l’Assemblée, en mai dernier, à la veille de son investiture. Le président élu y a discrètement reçu la dirigeante du FMI. Officiellement, ils n’ont évoqué que les affaires internationales. Officiellement.

BENJAMIN SPORTOUCH

Son mari a déposé plusieurs noms de domaines sur Internet, du type  » Christine Lagarde2017 « 

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