Hyperloop, le train qui flirte avec le mur du son

Bastien Pechon
Bastien Pechon Journaliste

En avril 2015, un train à sustentation magnétique, le Maglev, établit un nouveau record de vitesse : 603 km/h sur une piste d’essai au Japon. En flottant au-dessus des voies, il s’est débarrassé du frottement des rails et des caténaires. Mais en voyageant dans un tube à basse pression, l’Hyperloop entend bien exploser tous les records. Il fait le pari de transporter ses passagers dans des capsules propulsées à 1 220 km/h entre San Francisco et Los Angeles. Il ne faudra qu’une trentaine de minutes pour parcourir les 550 km qui séparent les deux villes au lieu de six heures environ en voiture. Alimenté en énergie renouvelable, ce nouveau moyen de transport ne devrait pas émettre de CO².

L’homme derrière l’Hyperloop, c’est Elon Musk, encore lui. Le patron de Tesla et de SpaceX a lancé ce projet en août 2013. Mais, entre ses voitures électriques et ses fusées, Musk n’a pas le temps d’inventer le train de demain. Il laisse donc son idée en open source à qui voudrait la développer. Il a même organisé un concours de design sous l’égide de SpaceX. Fin janvier dernier, 22 équipes d’étudiants ont été sélectionnées pour tester, cet été, leur prototype sur la piste d’essai de la société spatiale. Des entrepreneurs se sont également lancés dans l’aventure.

C’est le cas de Dirk Ahlborn avec Hyperloop Transportation Technologies. L’homme d’affaires américain est en train de construire une première piste d’essai de 8 kilomètres à Quay Valley, en Californie. Une seconde entreprise, Hyperloop One, a effectué un premier test de son système de propulsion dans le désert de Las Vegas, le 11 mai dernier. Elle espère commercialiser son train à grande vitesse d’ici à 2020.

Hors Etats-Unis, l’Hyperloop pourrait surtout intéresser la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Moyen-Orient ou l’Afrique.  » Ce genre de projet n’est pertinent que sur de longues distances « , explique Bart Jourquin, professeur d’économie des transports à l’UCL. En Europe, le TGV est plus intéressant car les villes sont moins denses et plus proches les unes des autres. Pourtant, les européens s’intéressent au projet. Ainsi l’Autriche, la Slovaquie et la Hongrie envisagent de construire une ligne pour rapprocher leurs capitales. Et, en mai, la SNCF a participé à une nouvelle levée de fonds de 80 millions de dollars de Hyperloop One aux côtés de huit autres investisseurs.

Une question reste en suspens : quel sera le coût d’un tel train supersonique ? Selon le Wall Street Journal, le circuit en cours de construction par HTT à Quay Valley devrait coûter entre 100 et 150 millions de dollars, soit 12 à 18 millions de dollars du kilomètre. Un coût comparable à celui du TGV. Entre San Francisco et Los Angeles, avec un ticket à 30 dollars et 3 000 passagers par heure aux heures de pointes, la construction de l’Hyperloop de Dirk Ahlborn serait amortie en huit ans.

BASTIEN PECHON

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