Hamois Un moulin sauvé des eaux

Allier modernité et respect du patrimoine. Tel est le fil conducteur du réaménagement d’un ancien moulin à eau dans la province de Namur. Un projet à découvrir lors de la Journée de la Rénovation, le 25 mai prochain.

Une ruine. Quand Francis Haulot achète l’ancien moulin à eau en 1995, il n’en reste qu’une carcasse vermoulue. Abandonnée pendant près de cinquante ans, la bâtisse du xviiie siècle a eu le temps de se dégrader, perclue d’humidité. Acquise à l’époque pour 35 000 euros environ, son prix se situe aujourd’hui entre 300 000 et 360 000 euros, selon l’architecte, qui a habité les lieux pendant deux ans. Un exemple de réaménagement moderne, mais respectueux d’un bâtiment, à découvrir de l’intérieur le 25 mai prochain dans le cadre de la Journée de la Rénovation.

En 2001, les travaux de rénovation débutent, sous la baguette de Francis Haulot.  » Une rénovation lourde, qui durera deux ans « , commente- t-il sobrement. Pour un budget total de 250 000 euros environ. De l’ensemble architectural, seuls les murs seront conservés. Et encore. La façade principale, qui accueillait la roue du moulin à son heure de gloire, est démontée pierre par pierre. Avant d’être remontée. Sans pour autant tomber dans le piège facile du  » faux vieux « .

 » Je ne voulais pas que l’on reconstruise une fausse roue, qui n’aurait de toute façon pas fonctionné « , explique l’architecte, qui siège par ailleurs à la Commission des monuments et sites, instance chargée de la préservation du patrimoine. L’idée est de donner une nouvelle identité au bien, sans oublier son histoire.

Premier défi : la nouvelle fonction du bâtiment exige d’amener plus de lumière. Pour éviter de dénaturer l’aspect général du bâtiment, une fenêtre tout en hauteur est intégrée. Elle éclaire les trois niveaux d’une maison développant 300 mètres carrés habitables.

L’axe de la roue, un des seuls vestiges utilisables de l’ancien mécanisme, est intégré dans la façade, qu’il transperce au niveau du rez-de-chaussée, à travers une baie vitrée semi-circulaire. Une forme destinée à rappeler la roue du moulin, qui tournait jadis au même endroit, dans le petit bassin bordant la maison. Autrefois raccordé par un canal de dérivation au Bocq, la rivière qui s’écoule à proximité, le plan d’eau est aujourd’hui statique.

Témoins de l’ancienne activité du site, trois lourdes meules, retrouvées sur place avant les travaux, sont incrustées dans la structure de la bâtisse. Accrochée au plafond de la cuisine, l’une d’entre elles est également visible depuis le premier étage. Les formes circulaires ont aussi été mises à l’honneur dans le choix d’éléments intérieurs. Comme cet étonnant mur rouge vif placé dans la cuisine, au milieu de laquelle trône une table… ronde. Qui rappelle la meule placée juste à son aplomb.

www.lajourneedelarenovation.be

Gilles Quoistiaux

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