Flora fait ses preuves

Deux nouveaux disques sortent sous le label « Flora ». Dotés, comme pour les bouquets ou les desserts, du goût irremplaçable du « fait maison »

En mai dernier, Philippe Pierlot présentait à la fois le premier-né du nouveau label Flora et l’ensemble de l’écurie: le disque était consacré aux très confidentielles sonates de Haydn pour baryton, alto et violoncelle – on ne parlera donc pas de « tube  » – et les interprètes étaient Pierlot lui-même, au baryton, François Fernandez ayant ici troqué son habituel violon contre l’alto, et Rainer Zipperling au violoncelle. Dans la foulée, l’ingénu baroqueux annonçait la mise en chantier de trois autres disques, par les mêmes musiciens, chacun à son instrument, jouant Bach, rien que du Bach. Voilà qui, sept mois plus tard, est devenu réalité -ou presque, les sonates et partitas « de » François Fernandez ne sont pas encore en boîte – : les Sonates pour viole de gambe, BWV 1027-1029, par Philippe Pierlot, en compagnie de Kenneth Weiss au clavecin et de Rainer Zipperling à la viole de gambe, et les Six suites pour violoncelleseul par Rainer Zipperling sont aujourd’hui en vente chez les bons disquaires du pays et même au-delà.

Les artistes voulaient une indépendance totale; ils l’ont eue. Ils y ont mis de leur poche mais il ne leur faudra vendre que quelques centaines de disques pour rentrer dans leurs frais. Les pochettes sont pures et belles, les rares images éloquentes, pas de biographie des interprètes mais les références détaillées des instruments, pas de commentaires musicologiques mais le renvoi à un site Internet désormais opérationnel. Enfin et surtout, le résultat artistique est probant.

Les disques ressemblent aux artistes: personnels, inspirés, débordant d’énergie. Ecoutez le prélude de la sonate pour viole de gambe et basse BWV 1023 (à vrai dire une transcription de la sonate pour violon et basse continue), vous ne pourrez résister à écouter tout le disque. Les suites pour violoncelle sont totalement alternatives, pure rhétorique au mépris parfois de la « belle » sonorité, souffle quasi épique porté par une virtuosité hors normes. Là encore, impossible de décrocher l’oreille…

A l’occasion d’un concert dédicace, le 12 décembre dernier à la Chapelle protestante, les artistes ont donné au public un témoignage live de ces nouvelles productions. Pour Fernandez, il s’agissait encore d’un avant-goût, particulièrement prometteur.

Martine D. Mergeay, Flora –

www.kelys.org/flora. Tel: 04/253 47 21.

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