Faire la foire

Namur en mai, du 20 au 23 mai. Infos : 081 22 20 42 ; info@artsforains.com

Pour sa nouvelle édition,  » Namur en mai « , festival des arts forains, se pliera en quatre pour accueillir quelque 300 artistes et comédiens, héritiers spirituels des saltimbanques. C’est Jean-Félix Tirtiaux, directeur du festival, qui organise la rencontre entre le public et ces formes de théâtre itinérant. Ce théâtre forain qu’il oppose avec force avec ce qui se fait sous le label  » arts de la rue « , générés par les idées libertaires venues de Mai 68 et dont les grand-messes se donnent, notamment, à Aurillac ou à Châlons, en France. Les arts forains, eux, se situent bel et bien dans la tradition du théâtre itinérant qui constitue le principal du programme de  » Namur en mai « .  » Il y a toujours eu du tirage entre le théâtre officiel et le théâtre saltimbanque, explique Jean-Félix Tirtiaux. Ce dernier reflète l’expression artistique de compagnies créatives qui n’ont pas nécessairement de prétention littéraire. C’est un théâtre uniquement spectaculaire, fondé sur le sensationnel et l’émotif.  »

Les bases de ce théâtre forain sont les tréteaux, le chapiteau et l’entresort. Commençons par les entresorts, dont  » Namur en mai  » s’est fait une réelle spécialité. Il s’agit de spectacles dont la durée varie de cinq à vingt minutes et, donc, d’où on entre et sort rapidement. Poussée à l’extrême, cette formule donne La Place du Marché, un entresort né en France et qui se donnera dans des boutiques de Namur. Le public pourra observer des gens  » normaux  » dans leur relation avec la consommation : autocritique en vue ! A l’opposé de ce spectacle, pour sûr assez animé, ceux qui recherchent une occupation plus paisible iront rendre visite à la Créature, un entresort pour lequel il faudra prendre rendez-vous : la représentation est en effet individuelle ! Après un petit passage dans une salle d’attente, il faudra, de son propre chef, ouvrir la porte d’un cabinet. Ce mot prendra tout son sens pour le spectateur qui s’aventurera à passer un temps en compagnie de cette Créature, créée et interprétée par la Québécoise Caroline Bergeron et qui a quelque chose à voir avec les monstres de foire, version délicats et prévenants.

Comme les  » arts forains  » ont aussi un versant  » plastique « , une scénographie urbaine et ludique devrait rendre le spectateur perceptif aux différentes propositions théâtrales qui marient souvent cirque et danse. Dans ce registre et au rayon  » théâtre de rue  » figure d’abord les Ailes du destin, un spectacle qui se joue sur échasses et qui développe, en douceur, le jeu cruel entre l’homme et la mort. Autre curiosité du genre, Les Poissons Pierre. Il s’agit de théâtre plastique et chorégraphique où, sculptés d’une manière proche de l’art roman, des animaux s’animent pour raconter le temps minéral. Outre les autres et nombreuses offres de théâtre de rue, les badauds peuvent encore examiner l’affiche du théâtre forain, celui qui se donne dans un lieu couvert, salle ou chapiteau. Par exemple, le metteur en scène Benno Besson, un maître de la commedia dell’arte, sera de la partie avec Les Quatre Doigts et le pouce, une courte farce jubilatoire qui charrie répliques grandiloquentes et réflexions savoureuses de personnages occupant les coulisses.

Reste à signaler la présence d’attractions foraines, comme les automates, les manèges ou carrousels, ainsi que quelques spectacles spécifiquement  » Jeune public « . Quelques sous ou un  » pass  » à la journée feront office de sésame pour ce  » Namur en mai  » réjouissant et appétissant.

Lucie Van de Walle

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