[EXTRAITS]

Guillaume Apollinaire

 » C’était un temps béni nous étions sur les plages/Va-t’en de bon matin pieds nus et sans chapeau. « 

Les Saisons. Frédéric Beigbeder

 » Pourquoi laisse-t-on les filles de 16 ans se balader en liberté sur les bords de mer ? Leur gorge tendue, leurs fesses cambrées, leurs lèvres heureuses de sucer un esquimau à la fraise, leur colonne vertébrale soyeuse, leurs clavicules fragiles, leurs cheveux mouillés, leurs dents blanches comme l’écume, leur fente étroite, leur langue fraîche, la marque blanche de leur maillot, leurs petits pieds aux orteils vernis, leurs seins en adéquation avec ma mainà « 

Nouvelles sous ecstasy, Gallimard (1999).

Albert Camus

 » Sur le rivage, c’est la chute dans le sable, abandonné au monde, rentré dans ma pesanteur de chair et d’os, abruti de soleil, avec, de loin en loin, un regard pour mes bras où les flaques de peau sèche découvrent, avec le glissement de l’eau, le duvet blond et la poussière de sel. « Noces, Gallimard (1959).

Witold Gombrowicz

 » Quantité de corps ce matin sur les plages abritées de la bourrasque du Sud, brûlées de soleil. Grande sensualité de la plage, entamée pourtant comme toujours, brisée comme une fleurà A ma gauche, à ma droite, cuisses, dos, gorges, hanches, pieds de jeunes filles, de femmes, tout cela sorti de son abri. « 

Journal, tome I : 1953-1956, Denoël (1976). Michel Houellebecq

 » Le voyeurisme y est en outre tacitement admis : il est courant sur la plage de voir les hommes s’arrêter devant les sexes féminins offerts à leur regard ; de nombreuses femmes donnent même à cette contemplation un caractère plus intime par le choix de l’épilation, qui facilite l’examen du clitoris et des grandes lèvres [à] Il est tentant d’évoquer à ce propos quelque chose comme une ambiance sexuelle « social-démocrate », d’autant que la fréquentation étrangère, très importante, est essentiellement constituée d’Allemands, avec également de forts contingents néerlandais et scandinaves. « 

Les Particules élémentaires,

Flammarion (1998).

James Joyce

 » Une femme et un homme. Je vois son petit zupon. Troussée, je parie. Leur chien allait l’amble le long d’un banc de sable en train de fondre, trottant, reniflant dans toutes les directions. Cherchant quelque chose de perdu dans une vie antérieure. « 

Ulysse (1922).

David Lodge

 » Comme je me sentais moi-même triste et déprimé, je suis retourné en voiture à Waikiki et suis allé m’asseoir sur la plage. Quelle erreur ! Le soleil était implacable et les quelques rares espaces d’ombre sous les palmiers à l’arrière de la plage étaient occupés. La mer avait des reflets aveuglants et le sable était si chaud qu’il était pénible de marcher pieds nus. « 

Nouvelles du paradis, Rivages (1994).

Philippe Muray

 » On disait la gauche en panne de projet ? Incapable de refaire son unité autour d’une thématique renouvelée ? [à] Et Paris Plage alors ? Et les transats ? Et les cabines à rayures ? Et les murs de varappe, les palmiers, le boulodrome, les spectacles assurés par la « scène techno » ? Et les parasols ? Contre le parasol, il n’y a pas une fracture culturelle, une fracture sociale, une fracture urbaine qui tiennent. « 

Exorcismes spirituels III, Les Belles Lettres (2002).

Jules Renard

 » La gloire, c’est d’abord une belle plage. On se roule dans son sable fin puis, bientôt, on sent une odeur mauvaise, celle des poissons que les femmes viennent vider sur le bord. « 

Journal, 1893-1898, Gallimard.

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