Et Dieu dans tout ça ?

Plus très cathos, les jeunes de l’UCL ? Ils ont en tout cas mal à leur Eglise

(1) Chemins de spiritualité, Desclée de Brouwer/Racine

J e crois réellement en Dieu, mais pas par l’intermédiaire de l’Eglise. Je ne crois pas qu’ils font du bon travail.  » Ce témoignage d’un jeune de l’Université catholique de Louvain (UCL) résume en un mot l’enquête, qualitative et quantitative, réalisée en 2000 auprès de 511 étudiants de Louvain-la-Neuve : commentée dans un ouvrage collectif (1), elle est un baromètre des croyances des jeunes catholiques aujourd’hui.

 » Est-ce qu’il y a quelque chose en plus que ce qu’on vit tous les jours ? » se demande un étudiant. Pourtant, selon le sociologue de l’UCL, Luc Albarello, directeur du bureau Sonecom qui a réalisé l’étude, la majorité des jeunes sondés expriment un questionnement sur le sens de la vie. Près d’un sur deux témoignent d’une  » spiritualité forte « , un bon tiers d’une  » spiritualité moyenne  » et un sur cinq d’une  » spiritualité faible « , voire inexistante. Comment s’en étonner quand 90 % des étudiants de l’UCL ont suivi, dans le secondaire, le cours de religion catholique, même si l’université compte 4 000 étrangers (sur 20 000 inscrits) de 101 nationalités différentes ?  » La spiritualité joue en quelque sorte un rôle de soutien ; elle est nécessaire pour supporter le rythme frénétique de la vie ; c’est aussi un anti-stress lors de moments plus difficiles : période de blocus, problèmes relationnels « , explique Albarello.

Mais seuls 14,1 % des étudiants assistent à la messe chaque week-end ou tous les jours. Ils apparaissent, selon eux, un peu comme des  » catholiques honteux « , reléguant les questions spirituelles à la vie privée : on en parle seulement aux amis proches (92 %) ou aux parents (57,1 %).

Les étudiants de l’UCL semblent en outre très mal à l’aise par rapport à leur Eglise. C’est ainsi que 83 % en ont une image négative. Ils la trouvent  » figée « , en  » crise  » ou estiment qu’elle  » se meurt « . Seule une minorité estime qu’elle s’adapte (15,9 %) ou qu’elle rayonne (0,4 %). La plupart rejette les dogmes fondamentaux : un étudiant sur deux ne croit pas à la résurrection du Christ ni à la Trinité. Deux tiers doutent de la virginité de Marie. Et pas plus de 6 % pensent que le pape est infaillible ! Pas très catholique, tout ça ?

Dorothée Klein

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