En attendant Godot…

La Communauté française sauvée du naufrage financier : et après ?

Un seul mot aurait dû suffire pour résumer le bilan politique des cinq dernières années en Communauté française :  » re-fi-nan-ce-ment « , à écrire en lettres d’or tant la manne d’argent était aussi inespérée qu’essentielle pour assurer la survie de l’institution la plus fragile du pays. Pour l’occasion, les partis francophones avaient admirablement uni leurs forces (et leurs cerveaux), opposition chrétienne comprise, pour donner du répondant à cette Flandre en quête d’autonomie. En juin 2001, celle-ci avait obtenu les leviers fiscaux utiles à son développement économique. En échange, la Communauté française voyait les milliards de francs couler à flots : quelques amuse-bouches en début de période, une trentaine de milliards de francs belges à l’horizon 2010, davantage encore dix ans plus tard.

Avec le recul, cette belle victoire laisse un goût amer. Un : il était illusoire de (faire) croire que d’un seul coup, tous les besoins des enseignants (revalorisés en 3 phases), des artistes ou des sportifs pourraient être rencontrés. Le principal gain à court terme ? La Communauté sort la tête de l’eau, ce qui évitera au moins aux francophones de devoir tendre la sébile lors de la prochaine réforme de l’Etat û même si le front des difficultés financières s’est déplacé… à Bruxelles, ville majoritairement francophone. Deux : la concurrence farouche entre libéraux, socialistes et écologistes, leurs rivalités stériles, l’absence de réformes dignes de ce nom, ainsi que le saupoudrage des moyens budgétaires, ont galvaudé cette période de transition. Notamment dans le domaine culturel, où la valse des ministres, l’émiettement des compétences et l’absence de vision politique à long terme ont débouché sur un chaos sans précédent, illustré par le favoritisme et la démotivation.

Certes, le bilan n’est pas mauvais en matière audiovisuelle, entre autres depuis le nouveau décret qui s’y rapporte. Certes,  » il n’y a pas eu de grève des enseignants « , comme s’en félicite le ministre-président Hervé Hasquin (MR), qui ne devrait pas rempiler. Un trompe-l’£il : le secteur de l’enseignement demeurera un souci majeur pour les nouveaux ministres, dont tous les partis promettent de réduire le nombre. Qui pourra redonner du tonus à des enseignants sans ligne de conduite ? Qui osera rouvrir le fameux chantier des restructurations ? Cette école qui coûte cher reste peu performante : hélas ! l’argent du refinancement n’y changera rien…

Ph.E.

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