Des cordes, un timbre et une intensité

Où l’on apprend que lorsque nous parlons, nos cordes vocales vibrent plus de 100 fois par seconde. Et que certains ronfleurs produisent autant de décibels qu’un avion au décollage… Mais, au fait, comment tout cela fonctionne-t-il ?

Le son est produit par la vibration des cordes vocales.  » Lorsque nous expirons, nous chassons l’air de nos poumons, explique le Pr Remacle, ORL en charge des troubles de la voix à l’UCL. Une pression sur les cordes vocales s’exerce alors. Elles se mettent en mouvement, c’est-à-dire qu’elles s’écartent, puis retombent. Ce mouvement cyclique, purement mécanique, est à l’origine du son : il détermine ce qu’on appelle sa fréquence ou sa hauteur. Un bon état respiratoire, permettant aux poumons d’emmagasiner une réserve d’air suffisante, s’avère donc essentiel pour la voix.  » Lorsqu’un homme parle, ses cordes vocales vibrent de 100 à 150 fois par seconde et de 200 à 250 fois pour la femme.

Le timbre de la voix dépend, lui, des résonateurs qui modifient le son. En effet, ce dernier passe par le pharynx, puis rencontre le voile du palais, le nez, la bouche, la langue.  » Aucune voix n’est semblable à une autre, même chez les vrais jumeaux. Chacun d’entre nous possède une carte d’identitié vocale qui lui est propre et n’est d’ailleurs pas encore définie parfaitement sur le plan scientifique. C’est pour cette raison que des experts peuvent discuter sans fin autour de la reconnaissance de la voix de Ben Laden… « , poursuit le Pr Remacle. Culturellement, nous utilisons différemment le timbre de nos voix. Ainsi, dans les cultures anglo-saxonnes, les femmes développent une voix plus grave que dans nos pays, grâce à une autre position de la langue et du voile du palais.  » Les Américaines préfèrent s’exprimer sur une hauteur tonale basse, explique Dominique Morsomme, logopède au Centre d’audiophonologie de l’UCL. Elles pensent que cela rend la voix plus dramatique, plus moderne et plus sensuelle. Des chercheurs ont parlé à ce propos de syndrome Bogart-Bacall.  »

Enfin, à la hauteur et au timbre de la voix s’ajoute son intensité. Lorsque l’on parle, au calme, nous émettons un bruit d’environ 60 décibels. Les chanteurs d’opéra, eux, peuvent monter jusqu’à 100 ou 120 décibels.  » Quant à un gros ronfleur, le son mesuré sur ses lèvres parvient à égaler celui d’un avion au décollage « , s’amuse le Pr Remacle.

Pascale Gruber

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