CHÔMAGE : DIDIER GOSUIN FORCE LE TRAIT

Invité dimanche sur le plateau de Controverse, le débat dominical de RTL-TVI, Didier Gosuin a peint un tableau très noir de la Fédération Wallonie-Bruxelles.  » Le véritable problème des francophones, ce sont les francophones eux-mêmes « , a martelé le bourgmestre FDF d’Auderghem, pointant notamment le chômage et les carences en matière de formation. Sans contester ces problèmes réels, le portrait n’était-il pas un poil trop sombre ?

 » En Flandre, il y a quasi le plein-emploi. […] A Bruxelles, [le chômage] est au-dessus des 20 %. Chez nous, à Bruxelles, 39,7 % des jeunes sont au chômage. « 

Imprécis ou daté : Pour le nord du pays, c’est presque exact. Si l’on définit le  » plein-emploi  » comme un taux de chômage inférieur à 5 %, la Flandre affichant 7,3 % en juillet ne peut prétendre au titre. Toutefois, la Région frôlait encore le seuil en avril (5,2 %). Le taux de chômage en Région Bruxelles-Capitale, lui, s’établissait bien en septembre à 20,8 %. Mais le chômage des Bruxellois de moins de 25 ans se situe à 33,2 %, selon l’office régional Actiris. Le chiffre très précis de 39,7 %, que cite Didier Gosuin, remonte à l’Enquête sur les forces de travail de 2010. Celle de 2011 affiche 35,3 %.

[Parlant de l’emploi]  » Si la Belgique, demain, n’existe plus et qu’on se retrouve entre francophones, nous serons au même stade que le Portugal, que l’Espagne et un peu mieux que la Grèce. Ça, c’est notre réalité. « 

Faux : Quel serait le taux de chômage cumulé de la Wallonie et de Bruxelles ? Nous l’avons calculé sur la base des données fournies dans l’Enquête sur les forces du travail 2011 : 11,4 %. Il s’agit ici du taux de chômage BIT (Bureau international du travail), utilisé dans les comparaisons entre pays. Dans ces conditions, Bruxelles et la Wallonie se situeraient exactement dans la moyenne de la zone euro (chiffres Eurostat d’août 2012). C’est nettement moins fameux que les 7,4 % de la Belgique prise dans sa totalité, certes. Mais, en comparaison, l’Espagne présente un taux de chômage de 25,1 %, la Grèce de 24,4 % et le Portugal de 15,9 %.

 » Vous savez que près de 70 % des jeunes qui sont dans l’enseignement qualifié sortent sans qualification ? « 

Faux : Là, il s’agit manifestement d’un lapsus. Didier Gosuin sait que le vrai taux de décrochage se situe, depuis 2007, aux alentours de 25 %. Lui-même cite le chiffre de 26 % dans son ouvrage Le Défi social bruxellois (Luc Pire, 2008). Ce qui est déjà beaucoup trop.

E.R.

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