Chevaux et acrobates font vibrer Knokke

Barbara Witkowska Journaliste

Après son triomphe à Lille, le fantastique spectacle équestre Tagad’Art, scénographié par Benjamin Aillaud, plante son chapiteau à Knokke. C’est le spectacle-événement de l’été.

Sur l’écran géant défilent les images d’une forêt luxuriante. Huit chevaux pénètrent sur la piste. Guidés par les gestes calmes, précis et fluides de Magali, ils se mettent lentement en mouvement, tournent sur eux-mêmes, galopent, dansent et caracolent. Le public est emballé par tant de grâce, de liberté et de légèreté, en osmose parfaite avec la musique. Tagada, tagada… Après cette introduction plutôt soft, la température grimpe illico avec l’arrivée des acrobates et l’apparition des agrès (cordes, cerceaux, barres métalliques). Les époustouflantes pyramides, formées par de jeunes Guinéens, impressionnent et ravissent le regard. Muscles, corps, visages en tension. Mais le sourire aux lèvres.  » Seuls les Africains et les Brésiliens sont capables d’effectuer ce genre d’acrobaties sur du sable « , nous confiera plus tard Benjamin Aillaud. On retient le souffle quand la filiforme Marta (ex-championne d’Espagne en gymnastique rythmique et danseuse classique) se hisse sur un long ruban. La beauté des gestes, la précision et la grâce de ses mouvements éblouissent. Des chevaux en liberté, des percussionnistes africains, des voltigeurs de haut vol… Tout s’enchaîne dans une belle cadence sur des images de toutes les natures du monde : mers, montagnes, déserts, forêts. Une danse colorée et effrénée clôture le spectacle en feu d’artifice, au son d’une musique (en partie live) inspirée du galop du cheval. Tagada, tagada…

Harmonie et bien-être

Benjamin Aillaud a grandi dans une ferme très isolée dans les montagnes du sud de la France.  » Nous étions six enfants et pour nous plonger dans une ambiance « urbaine », notre père nous a initiés aux arts de la rue : acrobatie, jonglerie, pyramides. Nous nous produisions dans des villages puis dans des festivals, en France et à l’étranger.  » La seconde passion de Benjamin Aillaud, c’est le cheval. Il achète son premier équidé à l’âge de 6 ans et demi avec l’argent gagné dans les spectacles.  » Apache avait un énorme tempérament, j’ai tout fait avec ce cheval et j’ai commencé à mélanger l’art équestre et les arts de la rue.  » Plus tard, il démarre une brillante carrière internationale de cavalier de haut niveau et enchaîne les prix dans toutes les disciplines : dressage, obstacle, attelage et monte américaine. Il s’investit, aussi, dans des spectacles équestres. Il prend les rênes de Cavalia (prestigieux show canadien qui s’est produit en Belgique en 2007 et 2014), puis crée Odysseo, le plus gros spectacle équestre du monde avec 75 chevaux. Tagad’Art est son dernier opus.  » Comment trouver l’harmonie et le bien-être au travers d’un cheval ? Mon spectacle est l’une des réponses. Tagad’Art, c’est un voyage à cheval à travers les différentes disciplines artistiques. Je veux amener les spectateurs dans une émotion qui commence dans le silence et dans le moment suspendu, comme dans le premier tableau « Chevaux en liberté », puis explose dans la danse et dans l’acrobatie. Je veux bâtir des relations dans la liberté des corps et dans l’échange des énergies. Et les spectateurs se laissent embarquer. J’adore le groupe et l’esprit collectif. Notre troupe vit selon la devise : « La gentillesse et la noblesse de l’intelligence ». Ce sont deux des qualités les plus importantes. Avec ça, on règle tous les problèmes.  »

Jusqu’au 15 août à Knokke (chapiteau à côté de la gare), www.tagadart.be

Barbara Witkowska

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