Chers amis du monde entier

Vous avez de bonnes idées pour vous enrichir rapidement et sans scrupules inutiles ? La Belgique vous attend ! Voilà un pays irrigué par mille voies fiscalement intéressantes (l’une d’elles s’appelle la E 411, mais elle est loin d’être la seule), fier de son arsenal législatif qui ne crie pas trop fort quand on le viole et de sa population qui ne sort de son apathie que quand les Diables rouges se retrouvent en quart de finale au Mondial, autant dire que le prochain réveil n’est pas pour demain.

Prenez le cas de M. Z.Y., honorable homme d’affaires chinois. Il a mis au point une combine ingénieuse pour gagner à tous les coups aux paris sportifs. Son invention impliquant le graissage de pattes de quelques footballeurs, il s’est tout naturellement rendu chez nous. Car il sait que le Belge refuse rarement quand on lui offre des valises de billets pour ne pas courir trop vite. Il est vrai que la plupart le faisaient déjà depuis des années sans incitant financier complémentaire.

Vous préférez les courses de voitures ? Faites comme M. B. E., sympathique citoyen de Sa Gracieuse Majesté. Vous vous amenez avec quelques véhicules de formule 1 et les hôtesses qui vont avec, vous expliquez que la réputation de la Région est en jeu, et ça roule. Pour une raison que, probablement, seule une psychanalyse collective pourrait expliquer, le Belge est très soucieux de l’image que les étrangers ont de lui (et il serait très déçu de savoir que les étrangers n’en ont, en général, aucune et que fort peu leur chaut). Il suffit donc de lui agiter devant le nez un petit chiffon marqué  » prestige  » et à vous les millions. Combien en voulez-vous ? 18 ? Allez, disons 50 et n’en parlons plus ! Vous ne voulez pas payer de taxes communales ? On vous comprend, on les paie pour vous, merci et à votre service.

Si vous êtes comptable et que vous habitez en Hongrie ou en Slovaquie, vous ne devez même pas vous donner la peine de venir en Belgique : un brasseur de chez nous vous propose de travailler à la maison. Evidemment, vous serez payé en verroterie et en casiers de pils, mais bon, ça vous épargne la navette quotidienne Budapest-Jupille.  » Et les comptables de chez vous, qu’est-ce qu’ils deviennent ?  » demanderez-vous peut-être. Ils sont contents, ils ont plus de temps pour regarder les gambettes des hôtesses de la formule 1. Beaucoup plus de temps.

Vous le voyez, la Belgique est prête à rendre service à tous les étrangers qui le désirent. Sauf aux sans-papiers, évidemment. Ceux-là, qu’ils restent dans leur église ! S’ils voulaient vraiment s’intégrer, ils feraient comme tout le monde. Ils organiseraient des paris sur le foot.

Marc Oschinsky

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