Cher Bert Anciaux,

marc oschinsky

Alors là, chapeau ! Ce coup-là, les Chinois ont bien failli ne pas s’en remettre. Tapis dans leurs bureaux au fond de la Cité Interdite, les dirigeants du Parti le sont aussi restés, interdits : comment ? Quelqu’un a osé leur résister ? Le ministre flamand des Sports a annoncé qu’il ne se rendrait pas à la cérémonie d’ouverture des JO ?

Bon, il a d’abord fallu qu’ils prennent un grand atlas pour savoir où ça se trouvait, exactement, la Flandre. Puis, quand, avec l’aide d’un microscope, ils l’ont trouvée, ils ont eu du mal à comprendre pourquoi une région grande comme un quartier de Pékin avait droit à un ministre. S’en est suivie une longue discussion. Les uns étaient d’avis qu’un ministre était un ministre, même s’il exerçait sa juridiction sur un mouchoir de poche. Ils ont donc proposé d’appeler le dalaï- lama et de lui soumettre un deal, style  » On te rend le Tibet, mais tu dis au ministre flamand des Sports de rappliquer aux Jeux « . Les autres ont juste suggéré de vous signaler que, si le sort des minorités culturelles opprimées vous interpellait tellement, vous n’aviez qu’à faire pression sur vos collègues du gouvernement flamand pour que les trois bourgmestres francophones de la périphérie soient enfin nommés. Ou à aller faire un tour du côté de la plaine de jeu de Liedekerke. Ou à fourrer votre nez dans le Wooncode. Bref, que ce n’étaient pas les occasions d’aider les minorités qui manquaient en Flandre.

La discussion s’est terminée quand un des dirigeants chinois s’est rendu compte que la douzaine d’autres ministres belges ayant le sport dans leurs attributions ne songeaient pas à annuler leur venue. Les officiels se sont alors dit qu’un de plus ou un de moins, ça ne se verrait pas trop et on est passé au point suivant.

Reste que le débat est relancé : faut-il boycotter les JO ? Rappelons que, comme chacun sait, sport et politique n’ont rigoureusement rien à voir. Si les sportifs défilent derrière un drapeau national, c’est uniquement parce que c’est joli, toutes ces couleurs. Et si la Chine a tenu à organiser les Jeux, c’était sans aucune arrière-pensée politique.

D’ailleurs, les sportifs ont déjà repris leur discours habituel d’avant-JO :  » Nous ne voulons pas être otages de la politique . » Même que, sur ce coup-là, les Tibétains (du moins ceux qui sont encore en vie) sont assez d’accord : eux non plus ne veulent pas être pris en otage par la politique. Ni, surtout, par l’armée chinoise. Mais, eux, personne ne leur demande leur avis. Ce qui, somme toute, est fort logique : s’ils voulaient qu’on s’intéresse à eux, ils n’avaient qu’à être meilleurs en gym.

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