Cancer du sein

L’entretien de Pascale Gruber avec le Pr Jean-Marie Nogaret (Le Vif/L’Express du 09/12/05) permettra sans doute à un certain nombre de femmes d’affronter avec plus de sérénité la douloureuse annonce d’un cancer du sein. Par contre, les informations qui concernent le dépistage sont en contradiction avec les recommandations scientifiques actuelles. Contrairement à ce qui est écrit dans l’article, il n’existe aucune recommandation scientifique préconisant d’associer systématiquement une échographie à la mammographie dans un objectif de dépistage. S’il est exact qu’il existe dans la littérature scientifique un certain nombre d’articles plaidant pour cette association, il y en a d’autres qui mettent en garde vis-à-vis de cette pratique. (…) Les recommandations européennes concernant le dépistage du cancer du sein par mammographie insistent sur le fait que celui-ci doit être  » organisé « , c’est-à-dire réalisé dans le cadre d’un programme d’assurance de qualité, comportant des procédures de contrôle de qualité des examens ainsi qu’une évaluation continue. Il doit être proposé tous les 2 ans aux femmes de 50 à 69 ans. Un tel programme  » organisé  » de dépistage du cancer du sein a été mis en place dans notre pays en 2000. Il est réalisé en conformité avec les  » European guidelins for quality assurance in mammography screening « , publiés par la Commission européenne. (…) Beaucoup de praticiens mettent en doute la pertinence de cette démarche et recommandent la réalisation de bilans sénologiques de dépistage, associant à la mammographie un examen clinique et une échographie, estimant, malgré l’absence d’évidence scientifique et de recommandations à ce sujet, que cette façon de procéder est plus performante. Il est vrai qu’ils n’ont pas été formés à la logique du dépistage  » si différente de la logique médicale traditionnelle, et si difficile à intégrer en raison de nos habitudes et convictions. (…) L’absence de formation aux enjeux de la Santé publique, au contrôle de qualité, à l’évaluation des techniques et des procédures, au cours des études médicales, peut expliquer les difficultés rencontrées pour faire accepter le Programme  » organisé  » de dépistage par mammographie. (…) Un dépistage sans contrôle de qualité et sans évaluation, risque de faire plus de tort que de bien.

Pr Anne Vandenbroucke, coordinatrice, Centre communautaire de Référence

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