Bruxelles, Région numérique

Vincent Genot
Vincent Genot Rédacteur en chef adjoint Newsroom

Avec l’installation de bornes interactives, la Région de Bruxelles-Capitale se dote d’une belle vitrine multimédia. L’utilisation des nouvelles technologies dépasse heureusement le coup d’esbroufe technologique

Probablement initiées sous de Donnea, annoncées par Ducarme et inaugurées sous Simonet, les bornes interactives débarquent sur les trottoirs de la capitale. Sorte de kiosques des temps modernes, elles distillent gratuitement sur leur écran des informations en provenance soit de fournisseurs de contenus publics (Stib, Orbem, Bruxelles-propreté, etc.), soit de fournisseurs privés (Le Soir, Vlan, Resto.be, etc.). Une caméra intégrée permet même à l’utilisateur d’envoyer sa frimousse par courrier électronique ou un petit message vidéo à l’adresse e-mail d’un correspondant. Mais l’interaction s’arrête là. Il n’est pas encore possible d’alimenter les bornes avec du contenu propre, comme des messages personnels ou des petites annonces. En revanche, avec son antenne Wifi, la borne fait office de  » hot spot « , permettant à un quidam équipé d’un ordinateur portable ou d’un PDA de se connecter gratuitement à Internet. Pour autant, bien entendu, que son portable soit muni de la technologie sans fil Wifi et qu’il se trouve dans la petite centaine de mètres de la zone d’émission des bornes. Si cinq bornes sont opérationnelles (4 à Ixelles, 1 à Schuman) depuis le 26 mai, une vingtaine devraient entrer en fonction d’ici à fin juin (la carte de localisation des bornes actuelles et futures est consultable à l’adresse www.irisnet.be).

Comme le laisse supposer la valse des ministres-présidents en Région de Bruxelles-Capitale, l’implantation des bornes sur les trottoirs de la capitale n’est pas le projet d’un seul homme. On doit plutôt y voir la patte du Centre d’informatique pour la Région bruxelloise (CIRB). Créé en 1987, le centre est, en effet, chargé des missions de promotion et de guidance informatique pour l’administration de la Région et ses commissions communautaires. Lorsque, à l’approche d’une nouvelle législature régionale, le CIRB sort son Livre blanc des technologies de l’information, c’est un peu une radioscopie de l’informatique régionale qu’il nous présente. Le livre de mai 2004 est plutôt élogieux. Premier gros chantier totalement terminé : le déploiement du réseau à large bande IRISnet. En reliant la plupart des institutions bruxelloises, il permet des économies d’échelle dans le coût des télécommunications de l’ordre de 30 %. A l’avenir, IRISnet pourrait même servir de levier d’action pour faire diminuer le prix des communications téléphoniques locales.  » Un quart du revenu des opérateurs téléphoniques est généré par les Bruxellois. Or téléphoner à leur voisin leur coûte aussi cher que d’appeler un correspondant à Arlon, s’étonne Hervé Feuillien, directeur général du CIRB. Lors de la renégociation du contrat IRISnet (qui vient à échéance fin 2009), nous pourrions proposer à la future majorité d’utiliser le réseau pour fournir des communications téléphoniques locales à prix forfaitaires. Cela inciterait sûrement les opérateurs privés à revoir leur tarif à la baisse.  » Autre source de contentement, l’utilisation du courrier électronique.  » En juin 1999, le centre gérait 975 adresses électroniques du domaine irisnet.be, explique Robert Herzeele, directeur adjoint du CIRB. Actuellement, nous en sommes à 9 638 adresses. La progression a été fulgurante en une législature. Le courrier électronique est devenu un outil de gestion des institutions publiques en Région de Bruxelles-Capitale.  »

Il est difficile de gérer une région sans une bonne cartographie. Avec l’achèvement du projet UrbIS (Brussels Urban Information System, qui reprend l’ensemble des bases de données géographiques et alphanumériques propres au territoire de la Région de Bruxelles-Capitale), le CIRB va pouvoir s’appuyer sur la cartographie pour développer de nouveaux outils informatiques plus pointus.  » Maintenant qu’IRISnet est en place, continue Feuillien, nous allons pouvoir nous attaquer sérieusement à l’élaboration d’un réseau sans fil Wifi. Nous proposerons également au prochain gouvernement d’investir dans l’informatique des CPAS trop souvent sous-équipés. Il manque aussi à la Région un centre d’expertise indépendant qui pourrait aider les PME et les indépendants dans les choix à effectuer lors de la mise en place de leur infrastructure informatique. Lorsque vous passez votre temps à courir les clients et à travailler pour les garder, vous avez peu de temps pour penser à votre informatique. Du coup, n’importe quel vendeur peut facilement vous faire acheter n’importe quoi.  »

Reste qu’en matière d’informatique l’implantation des solutions paraît trop souvent empirique. La coordination entre les différents niveaux de pouvoir semble plutôt déboucher sur des doublons que sur de véritables projets concertés. Chacun bricole dans son coin, sans trop s’occuper de ce qui se fait chez son voisin.  » Il ne faut pas oublier que l’on vient du Moyen Age et que certains hommes politiques n’ont pas encore bien compris les apports des nouvelles technologies, sourit Feuillien. Le pire, c’est de mettre en place des projets sans lendemain. Il faut donc prendre le temps de bien réfléchir. Mais des synergies se mettent doucement en place. Si l’on prend les sites fédéraux ou régionaux, on peut constater qu’ils ont tous adopté la même conception de distribution de l’information (NDLR : la ôligne de vie »). En matière de programmation, un langage commun (XML) permet de partager certains contenus. Des informations du portail fédéral peuvent être consultées depuis un site régional et réciproquement.  » Une approche théorique mise en pratique sur le nouveau site de la Région, accessible depuis le 28 mai à l’adresse www.bruxelles.iris net.be

Vincent Genot

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