Bruneaf Trésors du Monde

Prélude à l’été, le Sablon – quartier bruxellois des antiquités – se change le temps d’un long week-end en haut lieu des arts non européens. Quelque 70 enseignes spécialisées joueront  » portes ouvertes  » pour attirer en leur sein des collectionneurs du monde entier.

Usuellement dénommée Bruneaf, la Brussels Non European Art Fair – grande foire dédiée aux arts premiers – propose un parcours à travers des antiquaires du Sablon triés sur le volet et réputés dignes de confiance. Mêlant souci d’excellence et convivialité, l’événement se veut une vitrine présentant ce qui se fait de mieux dans le domaine des arts non européens, soit des joyaux d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, d’Australie et d’Amérique. Des terres de contrastes et des continents mythiques pour l’homme occidental.

Les arts premiers courtisés

La Bruneaf dévoilera quantité de sculptures, de masques, de fétiches, d’armes, de bijoux, mais aussi de la monnaie, des tissus, des objets traditionnels… Une diversité qui séduit immanquablement. Qu’elles soient de bois, métal, or, argent, bronze, ivoire ou terre cuite, ces pièces connurent aussi bien des fonctions rituelles que domestiques. Parmi les joyaux exposés, on pourra remarquer un ensemble d’épées courtes Ekonda, un tambour Lunda de la République démocratique du Congo, des statuettes de Nouvelle-Guinée, un chasse-mouches du Nigeria, une canne de sorcier du Mali, des figures de reliquaire du Gabon… Autant d’objets ethnographiques qui témoignent de la richesse de ces peuples, de leurs coutumes et croyances.

En amont…

Bien implanté, cet événement est né il y a une vingtaine d’années. Entrant en résonance avec la Brafa, l’inauguration de la galerie Ambre de Pierre Loos apparaissait alors comme une magnifique occasion de réunir, presque de manière improvisée, quelques professionnels spécialisés en arts premiers. Ce premier noyau dur fédère des antiquaires bien établis, à savoir Pierre Dartevelle, Marc Félix, Bernard de Grunne, Emile Delataille et Pierre Loos, principal initiateur. La synergie opère, le succès est inattendu et la dynamique, rapidement lancée. Encore intimiste, cette première édition (1983) déboute les sceptiques et rassure les organisateurs sur le bien-fondé de l’initiative. Les multiples récidives des années qui suivent entraînent bien d’autres professionnels belges dans l’aventure. Depuis, ce projet qui n’a cessé de germer, s’est étoffé. Un premier dépliant, encore modeste, apparaît en 1988 et matérialise ce ralliement d’antiquaires. Trois ans plus tard, l’événement se professionnalise avec l’édition du premier catalogue. Et comme l’hospitalité fait partie de nos traditions, les antiquaires bruxellois inviteront en leurs locaux, à partir de 1996, leurs collègues étrangers. Aujourd’hui, des galeries françaises, italiennes, espagnoles, anglaises, néerlandaises et américaines ont rejoint l’événement, lui conférant dans le même temps une dimension internationale. Pas de doute : le pari est gagné et la Bruneaf, définitivement mise en orbite ! Des collectionneurs du monde entier se déplacent, convaincus par la qualité des offres et du parcours bruxellois.

Qu’ils soient débutants ou chevronnés, tous les participants sont des professionnels de qualité apportant chacun sa spécificité pour atteindre un objectif partagé : promouvoir l’exceptionnelle richesse des arts premiers dont ils sont les ambassadeurs. Par souci d’honnêteté, les exposants – sur simple demande de l’acheteur – sont tenus de produire gracieusement un certificat d’authenticité qui devra comporter au minimum une photo de l’objet, la culture d’origine, l’époque présumée, la date et la signature du vendeur.

Le Belge, amateur d’art africain !

Bien qu’elle soit synonyme de souvenirs douloureux, la colonisation belge du Congo exerce toujours une incroyable fascination. Une attirance profonde et durable agit incessamment sur l’imaginaire occidental. En effet, les Belges affichent un goût prononcé pour l’art de l’Afrique centrale et en particulier du Congo, une région encore et toujours très sollicitée. Si cet intérêt pour le continent noir ne tarit pas, c’est entre autres en raison de notre histoire coloniale. Des liens qui font de la Belgique un centre important pour l’art africain. La preuve : Bruxelles compte à elle seule une cinquantaine de marchands d’art tribal. La plupart sont établis autour du Grand Sablon. Certains prétendent qu’il s’agit de la plus grande concentration au monde… Seule certitude, l’art africain est souvent aimé passionnément. D’une beauté mystérieuse, ces £uvres nous procurent des sensations fortes et opposées : douceur et terreur, violence et tranquillité, émerveillement et séduction sont autant de sentiments qui rendent cet art fascinant.

GWENNAËLLE GRIBAUMONT

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