Brel, libre sur parole

Trois mille mètres carrés pour Brel, le droit de rêver, l’exposition la plus intime et la plus ambitieuse réalisée à ce jour sur le chanteur belge qui y parle de son sujet favori : la vie

Brel, le droit de rêver, du 22 mars 2003 au 17 janvier 2004, tous les jours, sauf les jours fériés, de 9 h 30 à 20 h 30, à l’Espace Dexia, 50, rue de l’Ecuyer, à 1000 Bruxelles. Réservations obligatoires au 070 22 30 13.

Et aussi : l’Office de promotion du tourisme propose promenades, visites guidées, ainsi qu’une carte géographique  » Sur les pas de Brel à Bruxelles « . Durant l’été, projections de concerts dans diverses communes bruxelloises. Dépliant dans les principaux points d’accueil touristique. Infos : 02 513 89 40, et www.brel-2003.be

Pendant deux ans et demi, j’ai tout écouté, tout lu et tout regardé sur Brel. Peu à peu, j’ai imaginé que le spectateur entre dans les décors avec la voix de Jacques – et rien que la sienne – et qu’il soit subjugué par sa parole. Parfois, la voix est accompagnée d’images, parfois pas, mais je pense que le maître mot de l’exposition est : proximité.  »

France Brel est visiblement fière de son travail de montage de Brel, le droit de rêver, réalisé par la Fondation qui porte son nom. S’étalant sur trois niveaux, cet environnement  » total Brel  » replace la parole du père dans des lieux qui symbolisent son parcours : un tram 33, la chambre de Jacky, un salon  » bien belge  » et puis un long couloir qui emmène symboliquement de Bruxelles à Paris. La ville où éclate véritablement l’auteur-compositeur au milieu des années 1950 est brossée de quelques lieux fétiches du brelisme : la place du Tertre, à Montmartre, avec les cabarets dont celui de Patachou, l’appartement parisien, les coulisses d’une salle de concert, le tout parsemé d’objets qui précisent l’univers de celui qui revendiquait si fort le droit de rêver.

Trois chansons inédites

Trois auditoriums installés dans l’exposition permettent aussi de cultiver ses connaissances sur l’artiste : films, livres, documents audiovisuels abondent. Et la fin de parcours coïncide avec le souffle tourmenté des îles Marquises. Bien sûr, le montage de mots est subjectif : il tente de prendre en compte les contradictions qui nourrissent Brel sur certains sujets et évite les déclarations de bistrot ou certains thèmes controversés, comme le flamingantisme. L’expo montée par France Brel – en complicité avec sa mère – ne va pas jusqu’à raconter la façon dont le grand Jacques menait sa barque extraconjugale, Maddly en particulier ne trouvant aucune place dans ce résumé de vie plurielle et étourdissante.  » Je ne voulais pas entrer dans le problème de la misogynie, des femmes salopes, pas salopes ( rires) « , précise France, qui partage avec son père une franchise réelle. Au-delà du plaisir de se prendre une heure et demie -temps estimé de visite – de concentré brelien, la curiosité vient aussi de l’intégration dans le parcours de trois chansons  » inédites « . France Brel :  » Je n’aime pas ce mot, parce qu’il donne l’impression de pastille promo, mais disons que trois morceaux non entendus jusqu’ici ( sourire) se trouvent dans l’expo : Mai 40, parce que c’est son enfance, La Cathédrale, parce qu’elle raconte d’une certaine manière tout son itinéraire, et Avec élégance, qui est un titre pour lequel j’ai beaucoup de tendresse, parce que c’est mon père quand il se tait. ôSe sentir quelque peu romain, mais au temps de la décadence » : c’est le Brel en retrait, et non plus le chanteur extraverti que tout le monde connaît. Je suis contente de l’expo Brel, le droit de rêver, parce que ce droit appartient à tout le monde.  » Philippe Cornet

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