BREIVIK OU MERAH ?

Emmanuel et Miriam Riva, 54 et 53 ans, étaient arrivés trop tard pour le service religieux de la synagogue de l’Europe, rue de la Régence. Signe du destin : ils se sont rabattus sur le Musée juif de Bruxelles, dont Miriam tenait encore un dépliant dans la main, lorsqu’ils furent abattus à l’arme de poing, en pleine tête, par le tueur de la rue des Minimes, l’après-midi du samedi 24 mai. Rien à voir avec leur qualité d’agents secrets israéliens. L’hypothèse est rejetée à 95 % par les services de sécurité. Sans un regard pour leurs corps restés dans le hall d’entrée, l’homme sortit ensuite une Kalachnikov de son sac de sport et tira sur le réceptionniste, Alexandre Strens, 25 ans, qui s’était levé pour fermer la porte de l’accueil, puis sur la bénévole française, Dominique Sabrier, 67 ans. En plein visage. Il ne s’est pas préoccupé de  » finir  » Alexandre, en état de mort clinique. Durée de l’opération : 90 secondes. Il est reparti à pied dans les Marolles, tranquillement, en baissant la tête sous les caméras de surveillance. Il avait bien repéré les lieux.

Son sang-froid et son habitude des armes ont surpris les enquêteurs. Il portait un gilet pare-balles, ainsi qu’une caméra de poitrine avec laquelle il a probablement tout filmé. Un témoignage indirect recueilli par Le Vif/L’Express évoque un homme barbu de type caucasien (blanc), mais ce témoignage ne se trouve pas en procédure. Si la justice avait disposé d’un portrait-robot, elle l’aurait diffusé. Elle dispose de peu d’indices, alors que tous les services secrets et de police des pays voisins, sans compter la CIA et le Mossad, se mobilisent pour l’aider. Qualifié de  » terroriste  » par le parquet fédéral, l’acte visait symboliquement le lieu, un musée juif, et non des personnes en particulier. Une enquête sur les victimes a néanmoins été réalisée. Toutes les hypothèses restent valables : l’oeuvre d’un salafiste, du Hezbollah, d’un  » returnee  » de Syrie, d’un Mohamed Merah, d’un néo-nazi… Si l’on se réfère au précédent Merah (qui, en mars 2012, a tué sept personnes à Montauban et à Toulouse, dont des militaires et trois enfants juifs), une récidive n’est pas à exclure. Le contexte international, avec des troupes belges présentes en Afghanistan, au Mali et au Liban, fait pencher théoriquement la balance en direction d’une hypothèse islamiste. Mardi 27 mai, malgré l’arrestation d’un suspect dans un dossier de terrorisme islamique, réactivé après l’attentat mais sans lien avec celui-ci, aucune piste n’était officiellement privilégiée.

M.-C.R.

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