Rarement image fixe aura semblé aussi menaçante, aussi chargée de danger.

Bounce #02 (The Nest)

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Cette toile au sein de l’exposition Bounce arrête pour un instant la circulation d’une image à l’autre. Soit cette partie de flipper visuel promise et dûment inscrite par Stephan Balleux (1974) au coeur d’un accrochage double face mené en compagnie de Porz An Park, Cédric Dambrain pour les intimes, compositeur actif sur la scène de la musique contemporaine, électronique et expérimentale. Bounce, comme « rebond » en français, incite le regardeur à la mise en relation, un programme renforcé par une installation qui promène, par le biais de haut-parleurs directionnels et de réflecteurs en aluminium noir, des sons errants dans l’architecture à mezzanine logée dans le Museum du Botanique.

Face à ce nid de frelons, tout s’arrête: on est frappé de stupeur, c’est l’effroi, rarement image fixe aura semblé aussi menaçante, aussi chargée de danger. Toute la pratique affranchie et labile de Balleux est inscrite dans cette composition. Figurative, l’oeuvre prouve la liberté totale du peintre qui ne s’interdit rien, même pas de ne pas être cette machine hyperréaliste à photocopier le réel (malgré que souvent ce type d’inspiration marque une défaite de l’art pictural) si tel est son désir. Ailleurs, dans la majorité des oeuvres de l’exposition, il est question d’une peinture livrée à elle-même, larguant les amarres avec le vraisemblable pour générer une « confusion contemplative » du même ordre que celle qui pousse l’esprit à former ses propres représentations dans le rêve. Ainsi au début de La Recherche, c’est un Marcel Proust emporté par le sommeil qui, à la faveur d’une étrange transsubstantiation, devient lui-même ce que les mots d’un livre viennent de placer sous ses yeux: un livre, un quatuor, une rivalité entre deux monarques. Tout se passe comme si Balleux recomposait, selon des lois connues de lui seul, les qualités des substances de ce monde. Par le mystère et un certain sens de la démesure, l’artiste fait se télescoper, un peu comme dans un accélérateur de particules, toutes les manières de peindre pour faire surgir de nouvelles combinaisons d’atomes, des sculptures bidimensionnelles plus vraies, belles et vénéneuses que le monde naturel.

Bounce, au Botanique, à Bruxelles, jusqu’au 21 novembre.

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