Baisse significative

Pour la première fois en dix ans, les prix des maisons baissent dans 19 communes sur 27 en Brabant wallon. Même à Lasne, qui reste pourtant la commune la plus chère du sud du pays. A l’autre bout du classement, Orp-Jauche est la moins chère avec une maison vendue en moyenne à 153 760 euros.

Nous n’avons pas connu un krach local car l’activité a pu être soutenue par plusieurs facteurs économiques à l’échelle nationale « , commente le notaire Jean-Paul Mignon, secrétaire de la Chambre des notaires de la province. Des taux d’intérêt bas, un taux d’inflation de 0 % en 2009 et une augmentation des salaires sont venus au chevet d’une activité immobilière en convalescence.

Et pour 2010, les notaires du sud de Bruxelles ne s’attendent guère à mieux, avec un nouveau tassement des prix de l’ordre de 5 %. Quasi identique aux -5,4 % enregistrés en 2009. Pris séparément, les maisons et villas baissent de 4,8 %, les appartements de 4 % et les terrains de 7,5 %.

Au rang des autres réalités économiques évoquées par Jean-Paul Mignon, notaire à Ittre, peu à l’aise avec les chiffres provinciaux cette année pour expliquer la contre-performance actuelle du marché local, rien de bien original : le chômage, le fait que les banques sont plus réticentes à accorder des prêts, surtout au-delà des 85 % de la valeur d’expertise du bien, ou le recours à l’épargne, les Belges préférant le sacro-saint carnet à un investissement qui les engage à long terme en période de turbulences.

Pour la première fois en dix ans, si les prix des maisons baissent dans 19 communes sur 27 en Brabant wallon, on reste néanmoins dans des valeurs largement supérieures à la moyenne régionale. A Lasne, par exemple, où on enregistre également une baisse des prix, on reste largement au-dessus de la barre des 500 000 euros en moyenne… Alors qu’à Orp-Jauche, commune cataloguée la moins chère par les notaires, on peut encore trouver une maison prête à l’occupation pour 150 000 euros. Quant à Louvain-la-Neuve, le micromarché hors cadre de la province, vu ses particularités et la demande soutenue qui caractérise le marché local, elle se porte toujours comme un charme, même si la folie des dernières années est quelque peu retombée.  » Il était plus que temps. Récemment, j’ai encore eu deux clients qui ont acheté une maison sans même se déplacer ! Ils connaissaient le quartier, le type d’habitation, mais quand même… « , relève le notaire Valérie Masson, qui parle par ailleurs d’un montant avoisinant les 3 000 euros le mètre carré pour les appartements de qualité vendus dans la ville universitaire pour l’instant. Soit les prix pratiqués à Bruxelles.

Surprise de taille, dès lors, quand les calculettes des notaires affichent, à côté de Rebecq, un prix au m2 du terrain inférieur à 50 euros pour Ottignies-Louvain-la-Neuve en 2009. Au vu de ce qui se pratique sur le plancher des vaches, on aurait sans doute mieux fait d’éliminer cette moyenne des tablettes : elle ne correspond à rien de réaliste et de pertinent. En réalité, les prix provinciaux du sol à bâtir ont diminué en moyenne de 7,5 % en 2009, après des augmentations intenables trois ans durant (+ 6,5 % en 2006, + 11,5 % en 2007 et + 13 % en 2008). Pour acquérir un beau terrain à bâtir d’une dizaine d’ares, impossible néanmoins de ne pas débourser environ 150 000 euros un peu partout dans la province.

Autre particularité propre au Brabant wallon, prohibitive pour les jeunes : l’augmentation des surfaces vendues. Après avoir progressé de 13 % en 2008, elles ont encore gonflé de 7,5 % en 2009 dans 12 des 22 communes analysées.

PH. C.

louvain-la-neuve se porte toujours comme un charme

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