A qui ira le fauteuil de recteur ?

Soraya Ghali
Soraya Ghali Journaliste au Vif

Les professeurs élisent leur nouveau patron. Deux postulants concourent au poste. Dans une université en crise.

Le politologue Pascal Delwit ou l’archéologue Didier Viviers : qui sera le prochain patron de l’ULB ? Comme des VRP, tous deux sont en tournée. Une fois par semaine, depuis le 18 novembre, ils sillonnent en tandem les facultés, pour se présenter et convaincre les électeurs. Face à eux, des professeurs (ce sont eux qui élisent le recteur). L’ambiance est, globalement, bonne. L’heure ne serait plus à la gueule de bois. Ou du moins s’agit-il de ne rien laisser paraître. Impossible, cependant, de biffer d’un trait la démission du recteur Philippe Vincke, il y a deux mois, le clash qui a suivi au conseil d’administration (l’organe d’arbitrage) et qui a précipité l’échéance électorale. Premier tour prévu le 7 décembre, le seul sans doute, puisque ne s’affrontent que deux candidats (et que le quorum d’un tiers de votants sera atteint).

Comme d’habitude, Pascal Delwit se lance le premier : sa présentation est fouillée, bien ficelée, enrichie de transparents.  » Delwit fait ce qu’il fait bien à la télé : de l’analyse. Mais il s’exprime peu sur ses projets « , affirme un professeur. Puis vient le tour de son concurrent, Didier Viviers : aucune note, l’archéologue s’en remet à sa qualité oratoire.  » Lui adapte son discours en fonction des facultés. C’est un travail systématique de séduction « , déclare un autre.

D’ailleurs, jusqu’ici, Viviers bénéficierait d’une longueur d’avance. A priori, le quadra semblerait taillé pour le rôle.  » Il dispose d’une aura scientifique, il a la stature du professeur reconnu par ses pairs.  » Sous-entendu ?  » C’est off, hein ? Delwit serait, comment dire ?, moins coté « . Ses détracteurs se précipitent pour exposer ses failles. Ils le décrivent en  » homme franc, carré « , mais  » son air de premier de classe  » et  » sa rigueur verbale  » ne manquent pas d’irriter, tout comme une prétendue  » proximité avec le PS « . Pascal Delwit lèvera-t-il le doute que ses adversaires ont tout intérêt à propager pour l’affaiblir ? Tandis que d’autres voient en lui  » le candidat d’ouverture « ,  » moins dur  » et  » plus disposé au compromis « . Un atout important dans un climat dégradé. En effet, c’est le recteur qui partage avec le président du CA la direction générale de l’ULB.

Le style de Didier Viviers s’avère radicalement opposé. On se plaît à souligner ses atours diplomatiques, mais  » avec lui, c’est l’art du camouflage : il ne répond jamais aux questions et vous promène sans que vous vous en rendiez compte. En fait, s’il est recteur, il fera ce qu’il veut « , confie un spectateur. Dès lors, Viviers susciterait la méfiance.  » Viviers a un programme de droite, Delwit, de centre-droit « , note un observateur. Certains de leurs propos sont potentiellement polémiques. Ainsi lors de leur tournée en faculté de médecine, tous deux se seraient exprimés en faveur d’un numerus clausus, et d’une création de poste d’administrateur délégué, supprimé en Mai 68. Logique ? Les candidats font campagne auprès du corps académique, que beaucoup considéreraient comme conservateur.

SORAYA GHALI

PREMIER TOUR PRÉVU LE 7 DÉCEMBRE, LE SEUL SANS DOUTE

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