« A nous le changement »

Découverte d’une planète inconnue, déménagement en Pologne… Avec sa nouvelle exposition, le musée des Enfants veut préparer les 4-12 ans à un monde en constante évolution

Et hop: d’une glissage de toboggan, Antoine (9 ans) est passé du vaisseau spatial à la planète inconnue. Drôle de lumière, « végétation » bizarre… Antoine s’est rué dans une espèce de grotte. A son dos, un sacavec cinq objets soigneusement sélectionnés. Le choix résulte d’une longue discussion avec l’animatrice et les petits de classe:pour une mission d’exploration d’un mois sur une planète, dont on ne sait pas si elle est habitée, le détecteur de dangers est-il indispensable ? Ou est-ce plutôt le chocolat ou le nounours?

Mais l’escale la plus déstabilisante dans « A nous le changement! », la nouvelle exposition du musée des Enfants à Bruxelles (1), est sans doute celle consacrée à la Pologne. On s’installe dans une voiture de la PKP et on débarque à Lublin: pas pour quinze jours de vacances, mais pour y vivre définitivement. L’école se fait désormais en polonais: pendant plus d’une heure, Magda, l’institutrice animatrice du musée des Enfants, ne dira pas un mot de français. Au programme, cours de musique: on apprend Frère Jacques en polonais. Chouette, les notes sont les mêmes! Puis vient le calcul qui, pour un étranger, est quand même plus facile que le cours de langue maternelle. A la cuisine, on fait du pain au yoghourt. Ainsi, on commence à assimiler quelques mots: tak (oui), woda (eau)… « Tout le monde a en lui une force qui peut l’aider à s’adapter à un nouvel environnement, mais cela nécessiteefforts, énergie, curiosité et temps », commente la directrice-fondatrice du musée Kathleen Lippens.

L’importance du changement ne se mesure toutefois pas au nombre de kilomètres parcourus. A l’exposition, c’est au jeu de la roulette que se décident les petits ou grands bouleversements familiaux (divorce, perte du chien, etc.), qui touchent les Vandermus. Aujourd’hui, la maman se pointe à la sortie des cours, raconte un animateur. Elle vient de se faire teindre les cheveux en rouge et appelle à cor et à cri des enfants qui ne la reconnaissent pas , car ils attendaient plutôt leur père comme d’habitude. » En outre, Madame Vandermus porte une robe écarlate. La gêne? Les élèves sont invités à faire connaître leur sentiment,via un thermomètre à émotions, qui indique la tristesse, la joie, la peur…. Une bouée de sauvetage est proposée à ceux qui ne souhaitent pas s’exprimer. « On n’est pas un centre thérapeutique », fait remarquer la directrice. Par ses expositions participatives et ludiques, le musée ambitionne néanmoins de contribuer au développement psychoaffectif de l’enfant. Il veut l’aider à avoir davantage confiance en lui et à devenir un adulte plus épanoui, davantage tolérant et ouvert aux autres.

Mais le musée a aussi un objectif pédagogique. A l’espace « évolution », la machine à remonter le temps du grand savant Genius s’est arrêtée en 12000 ans avant Jésus-Christ, au paléolithique supérieur. La reconstitution de l’environnement magdalénien de la tribu Ourg, qui connaissait le feu et chassait le bison laineux, voisine avec des ordinateurs d’aujourd’hui, comme pour donner la mesure du temps écoulé et faire comprendre l’utilité des inventions successives.

Autres exemples: à l’atelier « nature », les enfants sont invités à imaginer la rénovation d’un parc en tenant compte des besoins d’un public cible. L’exposition fait également escale dans la forêt magique des contes, avant de consacrer un espace aux problèmes de croissance des enfants.

Depuis plus d’un quart de siècle, le musée attire ainsi quelque 45 000 visiteurs par an. Les plus nombreux sont les enfants et les familles qui l’envahissent pendant le week-end et les vacances. Les visites scolaires se font sur rendez-vous.

Dorothée Klein

(1) 15, rue du Bourgmestre, 15, à 1050 Bruxelles, tél.: 02-640 01 07, www.museedesenfants.be

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