20 ans d’Eveil des consciences

Le Théâtre de l’Eveil, emmené par Guy Pion, fête 20 ans de scènes avec Les Jumeaux vénitiens, une comédie de chair, de nerfs et de joie, de Carlo Goldoni

Vingt ans? Le bel âge! Sans tambour ni trompette, mais avec une oeuvre de Goldoni exemplaire, cousue main par une bonne partie de sa troupe, le Théâtre de l’Eveil fête une maturité qui ne s’endort pas sur ses lauriers, foi de Guy Pion, fondateur, avec d’autres comédiens de l’Atelier théâtral de Louvain-la-Neuve, en 1982, d’un vrai collectif où les acteurs tiennent les rênes. « Je crois à la troupe, explique Guy Pion. C’est la seule manière de faire progresser le travail, parce qu’on y parle le même langage théâtral, on y a la même politique. J’ai été moi-même formé à cette école, au National de Jacques Huisman, au Parvis de Marc Liebens, chez Armand Delcampe, chez Henri Ronse… Si des membres sont partis, d’autres l’élargissent. » Invité à s’installer à Mons, dès 1990, l’Eveil – un nom que lui offrit son premier spectacle, L’Eveil du Printemps – entre alors en résidence au centre culturel. La convention officielle qui l’y liait approche de son terme, en décembre. Et Yves Vasseur, intendant du nouveau Manège.mons (ex-centre culturel) ne souhaite pas la prolonger… Une pilule amère pour Guy Pion, Hennuyer de souche (Lessines) qui a fait de Mons son ancrage. « Nous y avons développé des contacts privilégiés avec le public qui a grandi saison après saison. De 3 représentations, nous sommes passés à 15 pour chacun de nos spectacles. Et, parallèlement aux créations, nous y menons des ateliers et des stages récurrents. »

De l’itinérance, l’Eveil n’en veut pas. Alors que son contrat-programme vient en (bonne) phase de renégociation, il cherchera vraisemblablement un autre lieu où planter ses tréteaux, dans la même région. « J’appartiens à une génération de théâtre qui a appris que le théâtre s’inscrit dans la cité, que, par le biais des larmes, du rire, de la réflexion, il sert à faire prendre conscience des rouages de la démocratie, que cette démocratie, dont il est aussi l’enfant, il la fait grandir. Dans ce sens-là, le théâtre de notre compagnie est politique, tout comme il l’était dans la Grèce antique… »

La mémoire du théâtre, l’Eveil peut, en deux décennies, en brandir de superbes flambeaux: ceux de Frank Wedekind, Edward Bond, Bertolt Brecht, Luigi Pirandello, Arthur Schnitzler, Enzo Corman, William Shakespeare, Anton Tchekhov, Carlo Goldoni… Et l’histoire n’est pas finie!

Michèle Friche

Théâtre le Public, à Bruxelles, jusqu’au 1 er mars. Tél.: 0800 944 44.

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