La ville de Boutcha.

Ukraine: L’ONG Human Rights Watch dénonce « une cruauté et une violence indicibles et délibérées » dans les zones contrôlées par les forces russes

Le Vif

L’ONG Human rights watch a pu documenter plusieurs cas de violations des lois de la guerre par les forces militaires russes à l’encontre de civils dans les zones ukrainiennes occupées de Kiev, Kharkiv et Tchernihiv, indique-t-elle dimanche dans un communiqué. L’AFP, de son côté, a vu samedi les corps sans vie d’au moins vingt hommes portant des vêtements civils gisant dans une rue de Boutcha.

L’ONG Human rights watch a pu documenter plusieurs cas de violations des lois de la guerre par les forces militaires russes à l’encontre de civils dans les zones ukrainiennes occupées de Kiev, Kharkiv et Tchernihiv, indique-t-elle dimanche dans un communiqué. Elle évoque des viols répétés, des exécutions sommaires et d’autres faits de violence et menaces envers les civils entre le 27 février et la 14 mars.

L’ONG peut également confirmer des cas de spoliation de biens de civils par des militaires russes. « Les cas que nous avons documentés témoignent d’une cruauté et d’une violence indicibles et délibérées à l’encontre des civils ukrainiens », a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Les viols, meurtres et autres actes de violence contre des personnes détenues par les forces russes devraient faire l’objet d’enquêtes en tant que crimes de guerre présumés.

 » Pour rappel, les lois de la guerre interdisent les homicides volontaires, les viols et autres violences sexuelles, la torture et les traitements inhumains des combattants capturés et des civils en détention. Le pillage et les saccages sont également interdits. Quiconque ordonne ou commet délibérément de tels actes, ou les aide et les encourage, est responsable de crimes de guerre.

« La Russie a l’obligation légale internationale d’enquêter de manière impartiale sur les crimes de guerre présumés commis par ses soldats », a conclu Hugh Williamson. L’ONG avait également pointé précédemment de possibles crimes de guerre par les forces ukrainiennes à l’encontre de prisonniers russes.

Boutcha..
Boutcha..© GETTY

Près de 300 personnes ont dû être enterrées « dans des fosses communes » à Boutcha (maire)

Par ailleurs, près de 300 personnes au total ont dû être enterrées « dans des fosses communes » à Boutcha, une ville au nord-ouest de Kiev théâtre de féroces combats qui vient d’être reprise par les soldats ukrainiens, a déclaré à l’AFP son maire Anatoly Fedorouk.

« A Boutcha, nous avons déjà enterré 280 personnes dans des fosses communes », car il était impossible de le faire dans les trois cimetières de la municipalité, tous à portée de tir des militaires russes, a dit au téléphone M. Fedorouk. « Dans certaines rues, on voit 15 à 20 cadavres sur le sol », mais « je ne peux pas dire combien il y en a encore dans des cours, derrière les palissades », a poursuivi le maire.

L’Ukraine parle d’un « nouveau Srebrenica », en référence au massacre de 1995 dans la ville bosniaque.

15 à 20 cadavres abandonnés au sol

« Tant que les démineurs ne sont pas passés pour les vérifier, il est déconseillé de les ramasser » car ils peuvent être piégés, a-t-il encore dit. « Ce sont les conséquences de l’occupation russe, des agissements » de l’ennemi, a lâché M. Fedorouk. L’AFP a vu samedi les corps sans vie d’au moins vingt hommes portant des vêtements civils gisant dans une rue de Boutcha. L’un des hommes avait les mains liées et les cadavres étaient éparpillés sur plusieurs centaines de mètres. On ne pouvait dans l’immédiat déterminer la cause de leur mort, mais une personne présentait une large blessure à la tête.

Les forces ukrainiennes n’ont pu complètement pénétrer qu’il y a un ou deux jours dans Boutcha, qui était inaccessible depuis près d’un mois. Les militaires ukrainiens présents ont distribué de l’aide à la population pour la première fois depuis que cette ville est repassée sous le contrôle du gouvernement. Les forces russes opèrent un « retrait rapide » des régions de Kiev et de Tcherniguiv, dans le nord de l’Ukraine, avec pour objectif de se redéployer vers l’est et le sud, a estimé samedi le gouvernement ukrainien.

La ville sinistrée de Boutcha.
La ville sinistrée de Boutcha.© REUTERS

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