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Ukraine: « Combien de morts faudra-t-il pour que l’Europe intervienne? »

Celine Bouckaert
Celine Bouckaert Journaliste

Âgée de 28 ans, Yana habite Bruxelles depuis six ans. Sa famille vit à Kiev et a choisi d’y rester, malgré l’invasion russe.  » Nous nous sentons seuls et impuissants « . Témoignage.

Il y a huit jours, à l’aube, les troupes russes ont envahi l’Ukraine pour ce que l’OTAN qualifie ce vendredi de « guerre engagée par le président russe Vladimir Poutine, de façon délibérée et planifiée contre un pays pacifique ». Le 1er mars, les Nations-Unies faisaient état de 227 civils tués et de 525 blessés, mais ces chiffres sont très probablement en deçà de la réalité.

Depuis le 24 février, Yana ne vit plus. Résidente à Bruxelles, elle appelle ses proches toutes les heures pour s’assurer qu’ils vont bien. Sept membres de sa famille résident dans un appartement à Kiev. « En l’absence d’abris équipés et de caves sous leur immeuble, ils préfèrent rester chez eux quand retentit la sirène des bombardements. Pour l’instant, ils possèdent encore quelques réserves de nourriture, mais celles-ci risquent de manquer rapidement. Déjà la farine manque, et ils ne peuvent pas cuire de pain », explique-t-elle. Malgré les bombardements, ses proches n’envisagent pas de quitter la capitale ukrainienne.

« Aucune raison de faire confiance aux Russes »

Yana ne croit pas aux « couloirs humanitaires » convenus pour l’évacuation des civils des zones de combats. « Je pense que c’est faux, il n’y a aucune raison de faire confiance aux Russes », dit-elle. « Ils avaient dit qu’ils ne s’en prendraient pas aux civils. A Kharkiv, ils ont tout détruit, et ils ont bombardé des gares. Ils tirent aussi sur les voitures de civils. »

Si la jeune Ukrainienne apprécie le soutien à l’égard de son pays, elle estime que l’Europe pourrait faire beaucoup plus. L’aide humanitaire et militaire ne suffit pas. « Il nous faut des soldats ». « Cette nuit, l’armée russe a frappé la plus grande centrale atomique d’Europe, et personne n’est intervenu », dénonce-t-elle. « L’Ukraine se bat pour les valeurs européennes, telles que la solidarité et la liberté, mais où sont ces valeurs ? Nous nous sentons seuls et impuissants. Combien de morts faudra-t-il pour que l’Europe intervienne ? », s’interroge-t-elle.

Elle plaide pour la création d’une zone d’exclusion aérienne en Ukraine, une demande du président ukrainien Volodymyr Zelensky, mais rejetée par l’OTAN. « La question a été évoquée et les Alliés ont convenu que nous ne devrions pas avoir d’avions de l’OTAN opérant dans l’espace aérien ukrainien ou des troupes de l’OTAN au sol, car nous pourrions nous retrouver avec une guerre totale en Europe », a expliqué le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg au terme d’une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance à Bruxelles.

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